Programme télé de ce dimanche 24 mai : notre sélection

Une histoire vraie restée dans les archives de l’Oncle Sam comme l’une des plus retentissantes enquêtes contre le Ku Klux Klan, société secrète suprémaciste fondée par des Sudistes au lendemain de la guerre de Sécession, déclarée criminelle et terroriste, ayant répandu le lynchage et comptant toujours 50.000 membres « connus ». L’une des plus sombres pages de l’histoire du « pays de la liberté » qui refait surface à la moindre étincelle. Pour rappel, en 1964 dans l’État du Mississippi, le meurtre de trois jeunes militants opposés au racisme déclenche une enquête du FBI lancée par le « big boss » J. Edgar Hoover, sous la présidence du démocrate Lyndon Johnson, appelé à la Maison-Blanche dès l’annonce du décès de JFK assassiné à Dallas le 22 novembre 1963 et en poste jusqu’à la victoire du républicain Richard Nixon en 1969. Ces précisions sont importantes dans toute la symbolique de l’affaire du Mississippi, réputé comme l’un des États sudistes les plus ouvertement anti-afroaméricains. La différence est que cette fois, les « devoirs d’enquête » sont menés par des Blancs contre d’autres Blancs. Sorti sur nos écrans au printemps 1989, « Mississippi Burning » fait grand bruit un peu partout dans le monde, comme étant non seulement un rappel salutaire de faits plus ou moins banalisés par le temps, mais aussi comme relance d’un procès dont le véritable coupable, Killen (sic), sera finalement identifié quelques années plus tard, et condamné à la prison où il mourra en 2018 à 92 ans, alors que ses « complices » avaient été eux-mêmes condamnés en… bloc, l’un d’eux l’ayant finalement dénoncé.
Point n’est besoin de s’étendre sur les qualités du film d’Alan Parker, regretté auteur et réalisateur londonien des « Midnight Express », « Birdy », « Angel Heart », « Evita » ou « Cendres d’Angela » ayant collectionné dix-neuf BAFTA, dix Golden Globes et autant d’Oscars pour mériter son titre de Sir en 2002. En tête de casting, Willem Dafoe et Gene Hackman qui se disputent les méthodes finissant par se compléter, une Frances McDormand non encore multi-oscarisée, et le « vilain » Brad Dourif (échappé de l’asile du « Vol au-dessus d’un nid de coucou »). Sur sept candidatures aux Oscars obnubilés par « Rain Man », l’ouvrage ne remporte que la statuette de la photographie pour le Gallois Peter Biziou. Qu’importe : le titre a rejoint « La chaîne » et « Dans la chaleur de la nuit » (avec le même Sidney Poitiers) dans la galerie, avant la « nouvelle vague » retentissante des « Green Book », « Twelve Years a Slave » et « BlacKkKlansman ».
« Mississippi Burning », 21h05, Arte, Quatre étoiles.









