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Ce soir à la télé, la comédie «Et plus si affinités ». Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Journaliste Temps de lecture: 2 min

Le bon vieux « théâtre filmé » a-t-il réellement et à nouveau la cote ? Le « genre » si on peut dire n’est pas nouveau et remonte à la naissance du cinéma, avec les premières « captations » et tentatives de sonorisations, notamment par la Saint-Mandéenne Alice Guy qui fut non seulement la première femme cinéaste répertoriée au monde, mais aussi celle qui aura mené à bien l’un des premiers films parlants. Une légende longtemps vivante aussi s’étant éteinte en 1968 à l’âge de 94 ans. Lors de l’avènement du parlant, le théâtre hexagonal s’est placé en première loge. On en retint en outre le formidable « Volpone » d’après l’Auvergnat Jules Romains par Maurice Tourneur en début d’Occupation, avec ses deux « stars » Louis Jouvet et Harry Baur, sans oublier notre Fernand Ledoux. Une œuvre légendaire, que rejoindront ponctuellement l’« Oscar » voulu par Louis de Funès pour son ami Édouard Molinaro, « Cuisine et dépendances » du Lillois Philippe Muyl à la demande des auteurs Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, les « Huit femmes » de François Ozon avec le casting qu’on connaît et bien sûr, « Le prénom » des Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, adapté en 2012 de leur pièce, multirediffusé au fenestron après ses 3,3 millions d’entrées en salles. Dans la lignée du « Souper » de… Molinaro avec les regrettés Claude Brasseur et Rich en 1992, le Rhénan Volker Schlöndorff s’est risqué à une « Diplomatie » évoquant le salut de Paris entre le général von Choltitz et le consul de Suède Nordling, avec Niels Arestrup et André Dussolier à la rescousse de Gert Fröbe et Orson Welles dans le « Paris brûle-t-il ? » de René Clément…

Voici donc « Et plus si affinités » apparu en avril 2024 détaillant la rencontre scabreuse entre deux couples de voisins d’immeuble dans la perspective d’une partouze. Le script est tiré d’une production espagnole brièvement sortie en 2020, « Sentimental » du Catalan Cesc Gay, Goya du meilleur film en 2016 pour son « Truman » n’ayant rien à voir avec le successeur de Roosevelt mais bien nom d’un chien. Tiens, justement, c’est un brave Golden retriever qui est au bout de la « nuit de folie » la seule victime collatérale de cette « partouze » exclusivement vocale que domine un Bernard Campan passant du rejet total du « projet » au… presque passage à l’acte, au dam d’une Isabelle Carré finalement reconquise par l’une des plus belles chansons de Jacques Brel ! Le Levalloisien Pablo Pauly et la troublante Julia Faure complètent le quatuor pour un budget gagnant d’office de 2,6 millions d’euros. Chic et pas cher du tout.

«Et plus si affinités », 20h20, La Une, Deux étoiles.

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