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Ce soir à la télé, le film « Scarface », un « must » de la culture populaire. Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Journaliste Temps de lecture: 3 min

C’est d’abord le titre d’un autre film culte, remontant aux années 30 et adapté du roman éponyme d’Armitage Trail, écrivain hyperdoué ayant publié dès l’âge de 16 ans des « novels » qu’on s’arrache littéralement ! On a dit que le personnage de « Scarface » a été directement inspiré par Al Capone, qui était réellement balafré. Produit par Howard Hugues et réalisé par Howard Hawks, l’ouvrage crée la polémique en 1932. La censure veut imposer une fin différente et supprimer des révélations « gênantes ». Les deux Howard tiennent bon avec l’appui de leur acteur vedette, l’Austro-Hongrois Paul Muni, le « Raimu américain », futur autre antihéros de « Je suis un évadé ». Il refusera de tourner la fameuse « seconde fin » au grand soulagement des auteurs. Il est vrai que les faits évoqués étaient encore tout chauds chez l’Oncle Sam, où venait d’apparaître le parlant. Et qu’Al Capone venait tout juste d’être condamné !

Rebelote au début des « eighties » quand chez Universal, un remake est envisagé avec au script Oliver Stone. Lui-même propose un dépoussiérage complet de l’histoire, transposée des « Roaring Twenties » à l’époque contemporaine, et de Chicago à Miami, en plein Exode de Mariel, vague d’expulsion castriste de 125.000 opposants vers les États-Unis, qui n’ont d’autre choix que de les accueillir ! Au sein de cette nouvelle mafia, le Capone aurait dû prendre les traits prédestinés de Robert De Niro ou Sylvester Stallone devant l’objectif de Sidney Lumet. Mais le trio décline, essentiellement pour des raisons de violence et de… langage. Avec 207 « fuck » recensés dans sa bande vocale, « Scarface » va établir un record qui ne sera battu qu’en 1994, dans le « Pulp Fiction » de Tarantino ! Alors que l’authentique natif de La Havane Steven Bauer est préféré à John Travolta, le casting féminin s’embrase à son tour, Rosanna Arquette, Jennifer Jason Leigh, Melanie Griffith, Kim Basinger, Kathleen Turner et Jodie Foster refusant tour à tour. Pour Brooke Shields, c’est… la maman qui dit non ! En désespoir de cause, la jeune Michelle Pfeiffer dit oui, devant la caméra virtuose de Brian De Palma, auquel va s’adjoindre… Steven Spielberg pour la dernière séquence.

Tout va faire mouche dans la culture populaire, y compris la BO électro-disco de Giorgio Moroder. Encore une anecdote : en plein plateau, un certain F. Murray Abraham reçoit une proposition émanant de Milos Forman. Il signe illico sans regarder, se disant qu’il s’agissait « comme toujours d’un second rôle ». Sauf que là, le Salieri d’« Amadeus » allait occuper la tête d’affiche, et lui valoir l’Oscar et le Golden Globe du meilleur acteur deux ans plus tard, en 1985. En parlant de « film culte »…

« Scarface », 21h00, Arte

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