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On a vraiment beaucoup fantasmé sur ce « pur polar hitchcockien » qui aurait même été à la base des deux volets du « Kill Bill » de Quentin Tarantino ! Et si la vérité était tout autre ? Polémique dès la sortie même de l’ouvrage à la mi-avril 1968, soit quelques jours avant les événements de Mai qui ont tant marqué la France. François Truffaut doit encore concilier ses « entretiens » dans « Les cahiers du Cinéma » où il est en pleine rédaction d’une longue interview d’Alfred Hitchcock, alias « maître incontestable et autoproclamé du suspense ». Sort donc son titre d’hommage à l’auteur des « Sueurs froides », « La mort aux trousses », « Psychose » et « Les oiseaux ». Les deux hommes que séparent une trentaine d’années s’apprécient mutuellement, l’un pour son aura de plume, l’autre pour son aura déjà devenue très « cinéphilique grand public ».
Et au milieu de ce qui va devenir un jeu de quilles, le compositeur Bernard Hermann. Regards quant à une collaboration bâtie sur un… divorce. Compositeur attitré du réalisateur londonien essentiellement exilé aux States depuis le Blitz, le New-Yorkais issu d’une famille juive ashkénaze d’origine russe entame leur partenariat dès les années 40, mais l’apogée démarre avec « Qui a tué Harry ? ». Tout s’enchaîne jusqu’au fameux « Rideau déchiré ». Là, Tonton Hitch congédie le gaillard auquel il reproche de n’avoir pas tenu compte de ses remarques préliminaires. Hermann est tellement furibard qu’il quitte Big Apple pour Londres où il apprend que Truffaut va tourner « Farenheit 451 » en anglais. Le… Français est en-chan-té. Il le sera moins avec la partition de « La mariée était en noir » dont il est d’ailleurs globalement mécontent ! Il voulait qu’elle ne sorte jamais.
Il est trop tard. L’adaptation du roman de Ray Bradbury (auteur d’Illinois ayant lui-même inspiré Hitchcock), pourtant co-actée par l’éclectique Jean-Louis Richard – futur patron de Belmondo dans « Le professionnel » – divise mais fait fureur, avec sa Jeanne Moreau occisant un à un tous les vilains mâles (et pas que…) qui lui ont fait un... mal impardonnable, joués par Claude Rich, Michel Bouquet, Michael Lonsdale, Jean-Claude Brialy, Alexandra Stewart et Charles Denner, excellent alors qu’il détestait son rôle, et qui reviendra magistralement dans le fabuleux « Homme qui aimait les femmes ». L’auteur va estimer jusqu’à son décès que « La mariée était en noir » est son « plus mauvais film » auquel il préféra de loin « La sirène du Mississipi » de pareille inspiration. Le film a été à nouveau encensé lors de sa sortie en DVD restauré.
« La mariée était en noir », 21h00, France 5.








