5 choses à savoir sur Christophe Dujardin

1. Après un quart de siècle
Christophe Dujardin (54 ans) a finalement été choisi vendredi 18 septembre par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour prendre la direction de la RTBF en tant qu’administrateur général, un mandat de six ans qui prendra cours le 1er novembre. Cette date signe en effet le départ effectif de son prédécesseur, Jean-Paul Philippot, d’une fonction qu’il a occupée pendant quatre mandats et près de 25 ans.
2. À la tête de 1.900 personnes
Ce papa de deux enfants, né à Chaumont-Gistoux, n’est pas issu du sérail. Il quitte son poste de directeur commercial de l’opérateur de télécommunications Orange pour Media Square, le nouveau bâtiment des chaînes publiques francophones au boulevard Reyers, une maison qui compte quelque 1.900 collaborateurs, 480 millions d’euros de budget, pour une dotation publique actuellement gelée à moins de 350 millions d’euros par an. En tant qu’administrateur général de la RTBF, Christophe Dujardin bénéficiera d’un salaire annuel global plafonné à 335.722,09 euros brut.
3. Une carrière dans le privé
Titulaire d’un master en économie et en management de l’UNamur, Christophe Dujardin a entamé sa carrière comme analyste financier chez Bpost. Il est passé chez Proximus, où il a bossé 21 ans, d’abord dans la finance, puis comme directeur commercial du marché consommateurs. Il est ensuite devenu CEO de VOO pendant près d’un an et demi. La compagnie est rachetée par Orange. Christophe Dujardin y prend alors la direction commerciale du département consommateurs.
4. L’apolitique adoubé par Galant
Son arrivée à la tête de la RTBF signe une rupture des pratiques habituelles. Il est le premier manager issu du secteur privé depuis 1960 et la nomination de Robert Wangermée (le premier administrateur général de l’ex-INR). Il a été choisi au terme d’une procédure de sélection très rigoureuse. Et il n’est pas proche de la famille socialiste comme le furent les précédents administrateurs généraux. Considéré comme le candidat de la ministre de l’Audiovisuel Jacqueline Galant (MR), Christophe Dujardin présente un profil sans étiquette politique connue. Il a certes été conseiller communal à Chaumont-Gistoux lors de la dernière mandature locale, mais c’était sur la liste apolitique Villages, considérée comme pluraliste, indépendante ou d’intérêts communaux (que d’aucuns colorent en tendance Les Engagés).
5. Recalé au premier tour
Au début de la procédure de nomination de près de neuf mois, Christophe Dujardin n’avait pas été retenu par le collège de quatre experts issus du monde des médias, à la différence des candidats Caroline Franckx et Emmanuel Tourpe. Le 17 juillet dernier, lors du vote des administrateurs de la RTBF, c’est pourtant lui qui a fait l’unanimité (13 voix sur 13). Après avoir auditionné les trois candidats, fin août, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) avait, lui, recommandé, ex aequo, la désignation soit de Christophe Dujardin, soit de Caroline Franckx, comme futur administrateur général de la RTBF. Le CSA décrit Dujardin comme celui qui possède la plus grande expérience de gestion d’entreprise et de conduite du changement. C’est ce profil opérationnel qui a convaincu le conseil d’administration et, finalement, le gouvernement communautaire.
6. Ses défis
Si cet homme du privé a mission de transformer une entreprise publique, il devra d’abord apprendre et défendre ce qui fait la spécificité du service public audiovisuel, la mission culturelle, éditoriale de la RTBF, à l’heure où celle-ci se voit soumise à des contraintes budgétaires et politiques inédites. Christophe Dujardin devra poursuivre le plan d’économies engagé par le gouvernement et le recentrage voulu par la majorité MR-Engagés sur les missions premières du service public. Il devra affronter la baisse des recettes publicitaires, ainsi qu’une concurrence accrue, notamment des réseaux sociaux, avec tous les enjeux liés à l’intelligence artificielle.







