Programme télé de ce jeudi 24 septembre : notre sélection

Jeune professeur de français dans un lycée sis en quartier peu favorisé, Julien s’implique à fond auprès de ses élèves, organisant de sa propre initiative et même le cas échéant à ses frais, des ateliers personnalisés. Lors d’un cours explicatif, il use d’une métaphore impliquant Leslie, l’une de ses élèves plutôt renfermée, prenant la situation comme une nouvelle preuve de harcèlement. Elle écrit une lettre à la direction aussitôt contrainte de réagir. Mais il y a pire, car une plainte est déposée à la police à l’initiative du frère aîné de la plaignante ! Manipulée par deux copines, Leslie ne mesure pas les conséquences d’un simple malentendu, car son frangin profère des menaces de mort envers l’enseignant pris pour cible tour à tour par une collègue jalouse, par une autre collègue amoureuse, par le directeur qui ne veut « pas de vagues », par une enquêtrice judiciaire prédisposée à l’hostilité, par son compagnon alors qu’il voulait cacher son homosexualité, et bientôt tout le collège ! Mais conscient de son bon droit, Julien résiste, refusant d’abandonner sa classe et jurant de faire toutes les vagues qu’on peut imaginer…
La simple lecture de ce script, on pense immédiatement à ces fameux « Risques du métier » où, en 1967, un enseignant était accusé de viol par une adolescente à laquelle il avait lui-même refusé ses faveurs ! On s’en souvient pour deux raisons : les noms de l’auteur André Cayatte et son interprète Jacques Bref dans l’un de ses plus beaux rôles. Simple remake ? Que nenni car il s’agit de la transcription par le réalisateur Teddy Lussi-Modeste de sa propre expérience, vécue alors qu’il était enseignant dans un établissement d’Aubervilliers. Tout est donc vrai, affirment de concert le producteur Jean-Christophe Reymond et l’auteur dont il se fait le relais. Issu d’une famille de gens du voyage, ce dernier avait déjà pu réaliser un « Prix du succès » en collaboration directe avec le même complice et la scénariste Rebecca Zlotowski venant du très beau « Vie privée » au contenu hitchcockien. Cette fois, le Teddy s’est alloué les services de la Franco-Libanaise Audrey Diwan, l’ex de Cédric Jimenez et coscénariste du super « Bac Nord ». Elle a aussi décroché l’avant-dernier César de la meilleure adaptation pour « L’Amour et les Forêts » de Valérie Donzelli. L’infortuné François Civil est au milieu d’un jeu de quilles très contemporain où tous les médias modernes, l’appareil judiciaire, la loi de la rue (affaire Paty) et les vieux tabous ne font qu’enfler le dicton qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Et tout est devenu bien pire, hein maître André…







