Programme télé de ce lundi 12 octobre : notre sélection

11.700 cas de cancers du sein sont diagnostiqués chaque année en Belgique. 1 % des hommes sont touchés. En ce mois d’« Octobre rose », « Au sein des autres » livre un récit sensible à travers la rencontre de Nour (Sofia Essaïdi) et Fabrice (Yohann Zimmer), réunis par la maladie. L’actrice nous livre l’importance de ce film à ses yeux.
Le cancer du sein s’est imposé dans votre vie… Racontez-nous.
J’ai traversé ce parcours en tant qu’aidante aux côtés de ma maman, touchée par le cancer. J’ai tout vécu auprès d’elle… J’ai mis du temps à pouvoir en parler. C’était ma sphère la plus intime mais je savais qu’un jour je la partagerais, car il est essentiel de parler du parcours des malades, de la solitude, de la douleur, de la peur… Il fallait juste que ce soit le bon moment et il est arrivé avec ce film.
Votre personnage prend tout de suite les choses en main et est à la fois dans le déni. C’est la double face du cancer ?
Chacun fait comme il peut face à la maladie. Le déni peut être mû par des raisons différentes. Nour a toujours réglé les choses seule. Elle ne veut pas faire souffrir son entourage, et finalement, cette bonne intention crée encore plus de souffrance et d’isolement. Dans mon parcours personnel, j’ai vu l’importance d’être aidé, de pouvoir aider et être entouré d’amour. C’est dans le partage que l’on trouve la force d’avancer. Je sais que ma mère a tenu un peu plus que prévu grâce à l’amour qu’elle a reçu…
Le regard des autres peut être difficile ?
Je pense que c’est pour cela aussi que certains s’isolent. Il faut pouvoir accepter d’être aidé et, à la fois, la place d’aidant n’est pas facile car on n’a pas toujours la capacité émotionnelle ou la conscience de certaines choses. Le regard des autres peut devenir lourd et compliqué à gérer et fait que certains s’éloignent.
Le jugement pour un homme, avec le cancer du sein, est encore plus fort ?
Je ne savais pas que les hommes pouvaient être touchés. Informer est indispensable et ce film permet aussi de voir ce que ce cancer convoque chez l’homme : sa masculinité, la honte en plus de la maladie. Fabrice se retrouve dans un univers de femmes et il doit gérer cela en plus du cancer.
Comment avez-vous accueilli le prix d’interprétation féminine au festival de La Rochelle pour ce rôle ?
Avec beaucoup d’émotions car il est arrivé avec ce film-là sur ce sujet-là. Je me suis beaucoup investie, tant au niveau de l’écriture que pendant le tournage. Il résonnait en moi, et m’a renvoyée au chemin traversé avec ma mère…







