Accueil Marc Ysaye

Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « Goodbye Blue Sky »

Cette semaine, Marc Ysaye évoque un titre rock devenu culte : « Goodbye Blue Sky », Pink Floyd (1979).
Par Marc Ysaye
Temps de lecture: 3 min

L’irrémédiable rupture ! Dans un article paru récemment aux États-Unis, une citation de Roger Waters résume bien l’état d’esprit qui régnait au sein de Pink Floyd lors de leur tournée très ambitieuse – et très houleuse – de l’album « The Wall », qui s’est achevée il y a plus de 45 ans : « On faisait semblant d’être tous de bons copains, mais ce n’était plus vrai depuis sept ans déjà. »

Après le cultissime double album « The Wall » en 1979, Pink Floyd, mené par Gilmour et Waters, allait encore enregistrer un album, « The Final Cut », en 1983. La tournée « The Wall » a bel et bien marqué la dissolution du groupe. Était-ce l’ampleur et l’ambition même de cette tournée, les répercussions financières catastrophiques, les divergences créatives ou quelque chose d’autre encore qui ont fait éclater le groupe ? Tout part de « In The Flesh », la tournée de 1977, qui est la tournée de l’album « Animals » sorti en 1975 : 55 dates, de Dortmund le 23 janvier 1977 au Stade olympique de Montréal le 6 juillet 1977. Sur cette tournée, le groupe passe des très grandes salles aux stades. Roger Waters déteste ça. Il se sent de plus en plus coupé du public, qui crie, allume des pétards pendant les parties calmes. Le point de rupture, c’est le dernier soir. La tournée se termine au Stade olympique de Montréal, le 6 juillet 1977. Cette date marquera l’histoire du groupe. Au milieu du spectacle, Roger Waters crache sur un spectateur qu’il juge trop bruyant ! Ça passera très mal, mais, paradoxalement, cet incident sera la source d’inspiration de l’album suivant du groupe, « The Wall ». En sortant de scène, il dira à son manager : « Putain, ces mecs, je les hais tellement que je construirais bien un mur entre eux et moi. » Le manager lui répondit simplement : « Eh bien Roger, fais-le ! »

uri

Ce soir-là, Waters rentre à l’hôtel en se disant : « Je ne veux plus jamais revivre ça. » Il va écrire « The Wall » sur cette idée : construire un mur entre le groupe et le public. Le thème principal sera bien évidemment basé sur l’incommunicabilité, mais aussi la parano, la soif de pouvoir et les frustrations endurées dans sa jeunesse via une mère dominante, des professeurs tyranniques et des femmes infidèles…

La tournée de trop

C’est la tournée suivante qui achèvera le groupe : « The Wall Tour » en 1980-1981. Elle restera légendaire et fameuse pour sa logistique exceptionnelle : un mur se bâtissait sur la scène, séparant peu à peu le groupe du public. Puis ce mur était ensuite détruit. Pendant l’enregistrement de l’album, Waters va virer Richard Wright. Wright ne fait la tournée The Wall que comme musicien salarié. Une honte quand on sait ce qu’il a apporté à Pink Floyd.

Gilmour et Waters ne se parlent plus. Le spectacle coûte tellement cher que le groupe perd de l’argent. Il n’y aura que quatre villes visitées : Los Angeles, New York, Londres et Dortmund, pour un total de 31 concerts. En 1981, à la fin de la tournée « The Wall », Pink Floyd n’existe plus vraiment comme groupe. En 1983 sort « The Final Cut », qui est plutôt un album solo de Waters commercialisé sous le nom Pink Floyd. En 1985 Waters annonce qu’il quitte le groupe. En 1987 : Gilmour, Mason et Wright repartent sans lui sous le nom de Pink Floyd. Waters va leur intenter un procès afin de leur interdire d’utiliser le nom. Ce procès, il va le perdre et ce sera pour lui un terrible échec, d’autant que les albums et les tournées du groupe qui suivront ensuite seront d’immenses succès. La tournée « In The Flesh » de 1977 a détruit l’envie de jouer ensemble. La tournée « The Wall 1980-1981 » a détruit le groupe lui-même. Ainsi va la vie !

L'actu en vidéo

 

Aussi en Marc Ysaye

Voir plus d'articles

À la Une