« Ce qui compte, c’est que les gens se sentent entendus » : les « cafés mortels » arrivent en Belgique
À une table, on riait aux éclats. À celle d’à côté, on pleurait. Aux deux, on réparait avec une laque naturelle saupoudrée d’or des objets cassés. Cet art japonais, le kintsugi, porte « toute une symbolique » : « L’image avec le deuil est très forte. Il y a quelque chose de cassé en nous, mais on peut redevenir extrêmement beau sans plus jamais être le même. » Ce jour-là, Cléo Duponcheel organisait non pas un « simple » café mortel, mais un « atelier mortel », qui réunit des inconnus venus parler de la mort et de leur deuil tout en « faisant ». « À aucun moment, ceux qui riaient n’ont gêné ceux qui pleuraient, et inversement », se souvient la fondatrice de Croque-Madame, entreprise de « services funéraires engagés », qui compte relancer l’an prochain des cafés ou ateliers mortels. « La personne qui pleurait, dix minutes après, elle riait à l’autre table. Ces rencontres permettent de tout faire sortir. Ça sort en vrac ? On s’en fiche. Ce qui compte, c’est que les gens se sentent entendus. »









