Marie De Potter présente une pièce basée sur un drame personnel : « Tout a basculé en neuf secondes… »
Il a suffi de neuf secondes. Neuf secondes pour que tout bascule. Ce soir-là, il y a quelques années, Marie De Potter se rend en voiture à son cours d’improvisation. Il faisait noir. La jeune comédienne a raté l’entrée du parking. Elle fait demi-tour, lentement, prudemment. Et puis, soudain, elle ressent une gêne sur le flanc gauche de la voiture. Les capteurs s’affolent. Elle ne sent aucun choc. Elle n’entend aucun bruit. Rien. Et pourtant, dans le rétroviseur, elle aperçoit un corps sur le sol. « J’ai avancé par réflexe. À ce moment-là, on pense à tout, sauf à l’horreur. Et puis j’ai vu un homme couché, sa mobylette à côté de lui. » Elle descend de voiture, se précipite vers lui. Il la regarde, mais ne parle pas. Un regard bleu, perdu, interrogatif. Un regard qui ne la quittera plus jamais. « Je ne veux pas l’oublier, ce regard. Il fait partie de moi maintenant. C’est la seule chose que je garde de lui. »










