La romancière Vanessa Springora se confie : « Il fallait en finir avec ce cercle vicieux »
L’auteure du « Consentement » et de « Patronyme » a mis à nu son passé pour mieux exister.
Le sens de vos deux livres, c’est de briser le silence ?
Ce n’était pas prémédité. Je voulais surtout dire et connaître la vérité. Ces histoires étaient falsifiées, mal racontées. Pour « Le consentement », je voulais donner ma propre version, qui se rapproche de la vérité. Et de fait briser le silence. Disons plutôt l’absence de condamnation des faits car ceux-ci étaient connus et proclamés par Gabriel Matzneff. Absence d’indignation des intellectuels, des médias, des maisons d’édition, des jurys de prix littéraires, comme s’ils ne voyaient rien. Pour « Patronyme », il s’agit d’un silence familial, sur le passé de mon grand-père, ses compromissions nazies qui ont détruit mon père. Il fallait en finir avec ce cercle vicieux.
Vous avez déclenché un cyclone il y a six ans !










