La Belgique de l’entre-deux-guerres : la guerre est à nos portes
Quelques secondes, et une vie tranchée n’est plus qu’un bouleversant souvenir. Le secrétaire du Roi qui, le matin même, a assisté, à Marche-les-Dames, à une messe célébrée par l’aumônier de la Cour à la mémoire d’Albert Ier, est dans sa propriété de Bonneville, de l’autre côté de la Meuse. Il se trouve dans son bureau, lisant les journaux, quand le télégraphiste du palais de Bruxelles lui téléphone : « Je reçois à votre nom un télégramme de Suisse. En voici le texte : “Madame Lambert tuée accident d’auto. Venez Haslihorn.” »
M. et Mme Lambert, c’est le nom sous lequel Léopold et Astrid séjournaient en Suisse !
Alors tout recommence…
Le glas sonne. Les journaux publient des éditions spéciales bordées de noir. D’abord on refuse de croire que le malheur s’acharne à ce point, puis il faut bien se rendre à l’évidence. C’est la désolation publique, le défilé interminable et muet. On ressort les crêpes qui, autour de la place du Palais, voilent les réverbères et Théo Fleischman remet ses micros en batterie.










