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Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « Walk on Hot Coals »

Cette semaine, Marc Ysaye évoque un titre rock devenu culte : « Walk on Hot Coals », Rory Gallagher (1973).
Par Marc Ysaye
Temps de lecture: 3 min

Clapton dira de Rory Gallagher : « C’est l’homme qui m’a amené au blues ! » De Jimmy Page à The Edge, tous ne tariront pas d’éloges à propos de Rory Gallagher. Un jour, un journaliste demanda à Jimi Hendrix : « Qu’est-ce que ça fait d’être le plus grand guitariste au monde ? » Jimi Hendrix répondit : « Je n’en sais rien, il faut demander ça à Rory Gallagher. »

Sorti au début de l’année 1973, « Blueprint », le troisième album, marque un tournant décisif pour l’Irlandais Rory Gallagher, longtemps associé à l’intensité dépouillée d’un formidable power trio appelé « Taste » et avec lequel il va connaître dès 1967 une belle reconnaissance internationale. Trois albums studio et deux live, tout cela en à peine quatre ans. « What’s Goin On », un hit mémorable, reste dans les mémoires, ce sera le point d’orgue du groupe.

Une carrière solo

Exit « Taste » en 1970, Rory se lance ensuite rapidement dans une carrière solo sous son propre nom. En 1973, avec ce troisième album, Gallagher élargit pour la première fois sa palette sonore en ajoutant à son groupe le claviériste Lou Martin, originaire de Belfast. Il en résulte une sonorité plus large et plus dynamique, sans pour autant sacrifier le caractère brut qui le définit.

Ce changement intervient après que le batteur Rod de’Ath a remplacé Wilgar Campbell. Rod de’Ath, qui avait auparavant joué dans le groupe de blues Killing Floor, a recommandé Martin à Rory. Gallagher le décrira plus tard comme « un musicien de premier ordre ». L’alchimie a été immédiate, la formation a perduré pendant des années et a produit cinq albums.

« Blueprint » s’ouvre sur le féroce « Walk on Hot Coals », où la Stratocaster cinglante de Gallagher se livre à un duel avec le piano entraînant de Martin. Tout de suite reconnaissable par un phrasé vocal très personnel, Rory ouvre l’album avec un titre qui l’accompagnera longtemps sur scène. « Daughter of the Everglades » suit avec une énergie tendue, confirmant que l’ajout d’instruments a renforcé plutôt que dilué l’attaque. La pièce maîtresse de l’album, une version longue de « Seventh Son of a Seventh Son », voit le groupe s’enfermer dans un groove marécageux, Gallagher partageant délibérément l’espace avec les touches agressives de Martin. Mais « Blueprint » se distingue également par sa très grande diversité. Gallagher revisite le blues rural dans « Banker’s Blues », explore les textures ragtime dans « Unmilitary Two-Step » et s’appuie sur des phrasés country dans « If I Had a Reason », sa lap steel à la main. Guitare slide, envolées de saxophone, fingerpicking acoustique : chaque élément renforce les racines profondes de Gallagher dans les traditions du blues américain, filtrées à travers une sensibilité irlandaise.

La pochette, qui représente le circuit imprimé d’un amplificateur Stramp « Power Baby » fabriqué sur mesure pour lui à Hambourg, souligne subtilement le titre de l’album : il s’agit d’une conception, d’une refonte structurelle de son « son ». Gallagher était une bête de scène qui se donnait à fond à chacun de ses concerts. Il en sortait régulièrement épuisé d’autant qu’il donnait plus de 250 concerts par an.

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Le 14 juin 1995, on annonce sa mort d’une infection pulmonaire contractée après une transplantation du foie. Il a vendu plus de 30 millions d’albums dans le monde. Il avait 47 ans et n’était plus que l’ombre de lui-même. Sa consommation effrénée d’alcool aura eu raison de lui. Rory buvait beaucoup, beaucoup trop…

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