L’édito de Benoît Franchimont : énergie, service minimum du gouvernement

Cinq milliards d’aide en Espagne, 950 millions aux Pays-Bas, 80 millions en Belgique… Le gouvernement a finalement accouché d’un plan de soutien minimal pour les Belges touchés de plein fouet par la hausse du prix des carburants. Pas question d’un coup de pouce pour tous, par exemple avec un cliquet inversé qui aurait permis de réduire les taxes à la pompe. L’aide ne durera que 3 mois et se concentrera surtout sur les travailleurs qui utilisent leur voiture privée pour travailler, avec un appui aux entreprises qui pourront mieux indemniser ces frais. Pour les ménages les plus précarisés, l’aide sera concentrée vers les CPAS, pour des allocations majorées pour régler les notes de mazout ou de gaz.
C’est peu. Une grande partie de la population n’est pas aidée. Un simple exemple ? Les retraités, qui ne roulent pas sur l’or et sont parfois confrontés à de nombreux déplacements en voiture pour des raisons médicales. Pour le gouvernement, il était hors de question de renouveler un plan trop coûteux comme celui mis en place au plus fort de la guerre en Ukraine. Il y a pourtant fort à parier que la crise énergétique actuelle dure longtemps. Un accord entre Américains et Iraniens semble très éloigné. La situation actuelle a au moins un mérite : prouver à nouveau notre dépendance funeste au pétrole. À quand un vrai plan de sortie des énergies fossiles ? Là aussi, le gouvernement manque d’ambition et de vision.









