Accueil Actu Télé

Programme télé de ce lundi 27 avril: notre sélection

Ce soir à la télé, un documentaire sur Blake et Mortimer qui se lancent dans le «mystère du trésor perdu». Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Journaliste Temps de lecture: 3 min

By Jove ! C’est l’histoire d’un héritage pillé. Un montant faramineux de quarante millions pour un trésor qui se retrouve dans la nature. Mais à qui profite le crime ? Voilà bien une affaire mystérieuse comme les affectionnent Francis Blake et Philip Mortimer, le capitaine et le professeur les plus célèbres du neuvième art, et qui aurait pu faire l’objet d’une de leurs aventures.

La RTBF a d’ailleurs fait appel aux deux personnages fictifs comme fil rouge d’un documentaire palpitant sur le casse le plus important de l’histoire de la bande dessinée. Quelque 250 planches originales des aventures de Blake et Mortimer, de la main d’Edgar Pierre Jacobs, conservées dans les coffres d’une banque, se sont volatilisées. Certaines ont été remplacées par des faux grossiers. Le montant total du préjudice est estimé à 40 millions d’euros ! On doit la révélation de toute cette affaire à notre confrère Daniel Couvreur, journaliste au quotidien « Le Soir » qui a décroché le scoop du siècle en la matière. Il a remarqué que des planches originales de Jacobs étaient vendues en vente publique. Or, le dessinateur avait explicitement exigé que le fruit de son travail ne soit jamais à vendre.

Peu avant sa mort, qui surviendra en 1987, Jacobs, considéré comme l’un des plus grands maîtres de la bande dessinée, s’inquiète pour l’avenir de son œuvre. Couvertures, planches originales, dessins, croquis, notes, photos de repérage, documentation, il a tout conservé, comme il le précise, à l’exception de 7 planches volées. À cette époque, des planches de BD ont une valeur plus sentimentale que matérielle. L’argent lui importe peu. Jacobs veut surtout pérenniser ce patrimoine. Dans son testament, il précise qu’il a décidé d’éviter la dispersion anarchique de son œuvre et la mainmise sur celle-ci par « certains affairistes de la bande dessinée », comme il les qualifie. Il confie donc la garde de son trésor à une fondation – une première mondiale en la matière – qui en fera usage lors d’expositions ou comme source de documentation pour d’éventuels livres. Pour diriger cette fondation, il choisit des proches, notamment un ami, Philippe Biermé, qui le considère comme son père spirituel. On verra dans le docu que les gardiens du temple en ont profané le corps et l’esprit…

Trente ans plus tard, en menant son enquête, Daniel Couvreur va découvrir que ce sont plusieurs centaines de planches qui se sont ainsi retrouvées sur le marché, noir essentiellement, et prises d’assaut par des collectionneurs prêts à mettre des sommes folles sur la table pour acquérir ce qui est aujourd’hui considéré comme des œuvres d’art majeures. La planche originale de l’album « La marque jaune », surnommée la Joconde du 9e art, a elle aussi fait l’objet d’un marchandage et aurait été vendue pour 3 millions d’euros ! La justice inculpe plusieurs intervenants de cette sombre affaire pour, selon les cas, recel, abus de confiance et blanchiment d’argent. L’enquête a été bouclée de longue date mais les avocats des inculpés ont demandé tellement de devoirs d’enquête que l’affaire ne sera jugée au mieux que d’ici un an ou deux, si jugement il y a, alors que la prescription guette…

« Blake et Mortimer, le mystère du trésor disparu », 20 h 35, La Trois.

L'actu en vidéo

 

Aussi en Télé

Voir plus d'articles

À la Une