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Salvador est une ancienne gloire du cinéma espagnol, que la mauvaise santé empêche de travailler. Il se ronge dans la solitude morale et la souffrance physique. Il croise par hasard une de ses anciennes actrices, laquelle lui donne l’adresse d’Alberto, celui qui fut l’acteur de ses plus grands succès, avec lequel il s’est brouillé des décennies auparavant. Ces retrouvailles n’arrangent rien, car il plonge dans la dépendance à la drogue. Au même moment est réédité « Sabor » (« Saveur »), son film le plus célèbre. L’occasion de se remémorer un tas de souvenirs depuis son enfance malheureuse mais illuminée par sa maman, jusqu’à un tas d’autres retrouvailles, en vrai ou en souvenir. Va-t-il pour autant retrouver le courage de reprendre son œuvre ou rester dans la nostalgie d’une vie en dents de scie ? La quête d’une destinée entre douleur et gloire…
Vous avez dit « unanimité » ? À Cannes déjà, en mai 2019, les clameurs et critiques ont salué ce film de Pedro Almodóvar au contenu autobiographique à l’ambiance unique, bien à l’image de son auteur d’origine catalane, mais bien père emblématique du « cinema de caracter ». Cette production ibère qu’on apprécie désormais aussi sans lui, parfois de façon un peu trop « brute de décoffrage » au rythme parfois aussi incontrôlé que son phrasé du langage ! Souvent adulé, parfois détesté, le cinéma d’Almodóvar (dont on ne cite même plus le prénom) a depuis toujours ses codes, dans une filmo où les échecs sont rares. Cette fois, pas besoin d’un mode d’emploi, tant ça coule de source. C’est sincère, toute ressemblance avec un pair ayant réellement existé et… toujours donc bien vivant n’étant évidemment pas une coïncidence, étant de surcroît seul crédité au script. Très joliment édulcoré dans sa mise en scène et ses décors, cet « auto-biopic » sonne juste d’un bout à l’autre, dans un enchaînement non chronologique contraignant la trame jusqu’au générique de fin.
Pour joindre au paroxysme fiction et réalité, l’inimitable cinéaste a mobilisé quelques-uns et quelques-unes de ses acteurs et actrices fétiches, à commencer par Antonio Banderas et Penélope Cruz incarnant, à des époques différentesbien entendu, lui-même et sa mère. Le premier hérite sans doute du plus beau rôle de sa carrière alors que l’autre est tout simplement égale à elle-même, ce qui est en tout point largement suffisant. Candidat malheureux aux Oscar et César du meilleur film international ou étranger en 2020 en pleine pandémie pour rappel, « Douleur et gloire » a triomphé aux Goyas des meilleurs film, réalisateur, scénario original, acteur, actrice dans un second rôle (la Barcelonaise Julieta Serrano, 93 ans), montage et musique pour Alberto Iglesias.
« Douleur et gloire », 21h00, Arte, quatre étoiles.








