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Programme télé de ce mardi 12 mai : notre sélection

Ce soir à la télé, un documentaire centré sur Renaud. Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Par Ingrid Otto
Temps de lecture: 2 min

Il a posé des mots d’argot sur nos colères et glissé une infinie tendresse dans nos tourne-disques d’ados. En cloque, Mistral gagnant, Dès que le vent soufflera, Laisse béton, Hexagone ou encore Chanson pour Pierrot – pour ne citer que ces succès-là… En un demi-siècle de carrière, Renaud a façonné une discographie qui ressemble à s’y méprendre à la bande-son de la société française.

Le documentaire événement « Renaud, à cœur perdu », diffusé ce soir sur France 2, célèbre cet anniversaire symbolique en retraçant l’itinéraire cabossé d’un enfant du baby-boom devenu l’un de nos auteurs-compositeurs les plus incontournables, au même titre qu’un Brassens ou un Brel.

Sous la gouaille parisienne et l’éternel blouson de cuir gravitaient toutefois des failles vertigineuses. L’ambition du réalisateur Tancrède Ramonet consiste précisément à fendre l’armure de l’idole pour approcher l’homme. Un individu vulnérable, parfois englouti par ses démons et en lutte tenace contre la maladie, mais toujours porté par un instinct de survie féroce. Cette radiographie intime s’appuie sur une matière précieuse : des archives personnelles jusqu’ici gardées sous clé et, surtout, la parole rarissime de son premier cercle.

L’artiste a en effet toujours cultivé l’art du grand écart avec une sincérité désarmante. Capable de dégainer des brûlots libertaires avec une ironie mordante, il excelle tout autant quand il s’agit de murmurer l’amour d’un père pour sa progéniture. C’est cette dualité permanente, cette fameuse frontière poreuse entre le tendre Renaud et le sombre Renard, qui a tissé ce lien si viscéral avec le public au fil des décennies.

Devant la caméra, son frère jumeau David, son musicien de toujours et Dominique, sa première épouse et mère de sa fille, livrent leur vérité. Une transparence totale, validée et même encouragée par le chanteur en personne.

Et si le film explore les zones d’ombre d’une vedette, il s’ancre surtout dans une réalité collective. Sa fille Lolita Séchan l’affirme d’ailleurs avec justesse : raconter l’histoire de ce père écorché – en restant fidèle aux tempêtes traversées par la famille –, « c’est aussi raconter l’histoire de la société française » et rappeler « l’importance des poètes dans le monde de demain ».

Narré par la voix de la comédienne Marilou Aussilloux, ce récit dresse le constat d’une évidence : à l’aube de retrouver la scène du Zénith, Renaud reste ce trait d’union fulgurant entre nos propres épreuves et la grande Histoire.

« Renaud, à cœur perdu », 21h10, France 2.

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