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Future dotation de la princesse Elisabeth : voici le montant estimé

Ce que recevra la Princesse héritière dès 2028 pour ses services rendus à l’État belge.
Journaliste Temps de lecture: 6 min

La princesse Elisabeth a donc décroché en grande pompe son diplôme de master en Politiques publiques de l’université de Harvard (Boston) aux États-Unis. Et comme elle l’a laissé entendre dans l’interview qu’elle a accordée au « Soir », elle compte prendre du temps pour elle avant de consacrer le reste de son existence au pays : « Une année ou plus pour prendre du recul, réfléchir. Il est important de ne pas se précipiter. (…) Je commencerai en temps voulu. » De ce fait, comme elle n’entame pas encore sa carrière professionnelle de princesse à plein temps, l’État belge ne va rien lui verser en matière d’émoluments pour l’instant.

En sommeil pendant ses études

En 2019, Elisabeth aurait pu revendiquer une dotation, ayant atteint l’âge de 18 ans, comme le lui permet la loi sur les dotations octroyées aux membres de la Famille royale (une loi remodelée en profondeur en 2013 pour y instaurer davantage de transparence et de contrôle). La Princesse et ses parents se sont toutefois abstenus de réclamer ledit budget, Elisabeth accomplissant alors sa formation militaire puis académique. Comme elle compte encore s’absenter de la scène médiatico-royale belge (en dehors des rendez-vous incontournables : Fête nationale, concert de Noël…), il n’est pas envisageable de lui accorder une dotation pendant ce temps-là, vu l’état des finances et la gouvernance du pays (avec la républicaine N-VA qui tient les rênes de l’État fédéral). D’ailleurs, le roi Philippe est très prudent. Lui qui ne voyage en principe que sur des avions de la Défense, pour des raisons de sécurité et de protection du chef de l’État, a pris un vol de ligne régulière, avec la Reine, pour se rendre et revenir de Boston. Il n’était pas question de prêter le flanc à la moindre critique. La remise de diplôme d’Elisabeth était une affaire familiale et privée, financée en propre par les Souverains, voyages compris.

Le moment venu, probablement en 2028, la fille aînée du roi Philippe et de la reine Mathilde prendra pleinement sa place à leurs côtés dans l’exercice des activités officielles. Pour ce faire, elle recevra une « Maison », c’est-à-dire un service administratif, ainsi que du personnel dédié : un chef de maison, des collaborateurs fournis par différents services de l’État. Elle recevra aussi une dotation annuelle, qui fera l’objet d’une loi spécifique et dont le budget sera ratifié chaque année par le Parlement, comme toutes les dotations accordées dans ce pays, à l’exception de la Liste civile octroyée au Roi, fixée une fois pour toutes en début de règne.

Prévision : 1,2 million au moins

Lors de l’avènement d’Albert II en 1993, le prince Philippe devint l’héritier du Trône en titre et reçut à cet égard une dotation de la part du Parlement belge, fixée à l’époque à 31 millions de francs belges. Au terme de vingt ans d’activité dans l’antichambre du Trône, le duc de Brabant reçut la dernière année un budget de 923.OOO euros. C’est exactement le montant de la dotation annuelle et viagère que se vit accorder Albert II après avoir abdiqué au profit de son fils aîné en 2013, ce dernier accédant à la Liste civile. Un montant que le roi Albert a jugé trop maigre d’ailleurs. À leur vif mécontentement, le sixième Roi des Belges et son épouse, la reine Paola, ont dû restreindre leur train de vie et renoncer à occuper la résidence de week-end de Fenffe, près de Ciergnon, à l’entretien trop onéreux. En 2026, grâce à l’indexation, la dotation du roi Albert se monte à 1,2 million d’euros. C’est probablement un montant similaire (majoré de l’indexation d’ici 2028) qui sera attribué à la princesse Elisabeth. Mais tout dépendra du bon vouloir du gouvernement. Dire que la proposition de loi sera avancée par le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) et par le ministre des Finances, un certain Jan Jambon (N-VA) ! Alors député sous le règne d’Albert II, Jambon décochait, plus vite que son ombre, les questions parlementaires sur les dépenses de la Famille royale…

« C’est la loi qui fixe le montant des dotations sur proposition du gouvernement. Contrairement à la Liste civile qui est fixée pour toute la durée du règne, une dotation peut être augmentée (par exemple après le mariage de l’héritier ou l’héritière), ou diminuée, (comme dans le cas de la reine Fabiola en 2013 après l’abdication d’Albert II) d’après les circonstances », explique Vincent Dujardin, professeur d’histoire à l’UCL. Le montant fait donc l’objet d’un consensus au sein du gouvernement, puis bénéficie de la légitimité du vote du Parlement. « Le gouvernement peut se baser sur les précédents dans des positions semblables (Duc ou Duchesse de Brabant, monarque ayant abdiqué, veuve d’un roi…). Mais cela ne donne qu’une indication, il peut adapter le montant d’après les circonstances du moment. » Au final, outre le montant de la dotation, compte aussi le nombre de fonctionnaires mis à la disposition du membre bénéficiaire de la dotation et fixé par la loi. Le roi Albert II bénéficie de dix fonctionnaires. À notre connaissance, le prince Philippe n’en avait pas autant à son service à l’époque.

Pas un salaire, mais un budget

Cette dotation n’est pas un salaire proprement dit. Depuis la réforme de 2013, la dotation allouée à certains membres de la Famille royale est ventilée en deux parties : un traitement (soumis à l’impôt sur les revenus) et des frais de fonctionnement (entretien, fournitures, frais de représentation et de déplacement, matériel roulant…) et de personnel, volet soumis aux taxes et accises. Exemple : pour le roi Albert II cette année, le traitement se monte à 183.000 euros brut et l’enveloppe pour les frais pèse 740.000 euros brut.

Mais tout ceci n’est pour l’heure que prévisions. Comme beaucoup de jeunes de son âge, notre future Souveraine va prendre une année sabbatique, voire quelques mois de plus, avant d’entamer sa véritable « carrière professionnelle ». En l’occurrence ici un métier de princesse, en première ligne en tant qu’héritière du Trône. Un destin qu’elle n’a pas choisi, qui lui est tombé dessus mais avec lequel elle arrive à vivre. À l’écouter, c’est même plutôt rassurant : « Beaucoup de gens sont dans l’incertitude (quant à leur avenir, NDLR). Ils ne savent pas vers quoi ils vont. Moi je sais où je serai, quel sera mon chemin. (…) Depuis que je suis née, j’ai toujours su que ce serait comme ça. Je ne le ressens pas comme une contrainte. Je suis heureuse de savoir ce qu’il en est pour le reste de ma vie. »

Que va faire Elisabeth de son temps libre ? Elle n’en dévoile rien. Mais ce pourraient être des stages supplémentaires, voire du bénévolat comme ses parents (jeune homme, le roi Philippe travailla anonymement dans un hospice de Mère Teresa à Calcutta), mais aussi sans doute des projets personnels (de beaux voyages avec des amis ?). Lorsqu’elle se sentira prête à se mettre au service du pays, la Duchesse de Brabant deviendra omniprésente dans le pays, multipliant les activités officielles, les rencontres, les visites, reprenant également à son tour la présidence du Commerce extérieur belge, exactement comme son père le fit en 1993, soit 35 ans plus tôt…

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