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Un nouveau spectacle de François Pirette diffusé en télévision : « Plus j’avance, plus c’est difficile »

François Pirette est de retour avec « Noir Joke Rouge ». Une fois encore, l’humoriste belge invite des inconnus sur scène. Si le concept est sensiblement le même, les sketchs sont évidemment inédits.
Entretien -
Par Marine Mélon
Temps de lecture: 5 min

Ce dimanche 7 juin, RTL tvi diffuse le nouveau spectacle de François Pirette, « Noir Joke Rouge », à 20h50. Si le nom vous dit certainement quelque chose, c’est parce qu’il s’agit du même concept qu’en novembre dernier : l’humoriste belge invite des inconnus sur scène le temps d’un sketch avec lui. Il nous raconte.

Le spectacle porte le même nom mais les blagues sont-elles inédites ?

Oui. Le principe de ce format c’est de relever le défi de jouer des situations de duo, de trio, et parfois plus, avec des gens qui n’étaient jamais montés sur scène de leur vie. Ce n’est pas que ça, je garde aussi des sketchs en solo, mais ils jouent avec moi lorsque j’ai besoin de dialogues. Plutôt que d’aller proposer ça à des collègues, j’ai préféré le faire avec des gens dont ce n’est pas le métier parce qu’il y a une vérité et une authenticité dans leur jeu, que je ne trouverai pas ailleurs.

Ce sont les mêmes inconnus que la dernière fois ?

Il y en a deux qui sont revenus parce que j’ai une connivence particulière avec eux et ce que j’avais écrit leur correspond très bien. Il n’y avait pas de raison que je me prive de ça. Ils étaient partants et disponibles, donc on a renoué une fois encore.

La femme aux bigoudis que vous interprétez s’en prend à plusieurs personnalités. Tout le monde y passe : Céline Dion, Renaud, Patrick Bruel et même l’Abbé Pierre !

Je ne suis pas sûr d’attaquer Céline Dion ! Sans me cacher derrière mon personnage, il est dans une logique burlesque, complètement surréaliste. Je ne me sentirais ni légitime, ni l’envie de faire une chronique à voix blanche dans une émission avec des chroniqueurs pour aller faire ma vanne sur Patrick Bruel ou Céline Dion. Mais c’est vrai qu’il n’y a aucune raison d’épargner l’Abbé Pierre et les autres. C’est un boulevard de blagues. Et tant que c’est cohérent avec le burlesque du personnage, je garde. C’est un personnage qui m’est très utile parce que je peux parler sans filtre à travers lui. C’est une spontanéité et une candeur que je ne pourrais pas me permettre en faisant du stand-up.

Vous vous faites rire aussi parfois lorsque vous êtes sur scène ?

Oui parce que c’est tout frais. J’ai écrit certains passages pendant la nuit précédent la captation donc je n’ai pas encore testé ces blagues oralement. Il y a très peu d’improvisation mais vu que c’est la première fois que je les joue, je prolonge l’écriture. Et je me cueille parfois parce que j’imagine toujours ce que je suis en train de dire. Je me piège moi-même. Et les réactions des gens sont parfois déstabilisantes. Certains sont tellement spontanés.

Vous avez tourné ce spectacle à Jemappes. C’est la première fois ?

C’est la deuxième fois. C’est une salle relativement compacte, intimiste, confidentiel. C’est une volonté de ma part pour avoir des réactions très courtes afin que le montage soit plus dynamique. Dans une grande salle, les réactions prennent du temps à arriver. Les rires et les applaudissements sont par vagues, ce qui n’est pas toujours compatible avec la télévision. Au montage, je vois que les caméras ont capturé des réactions isolées. C’est assez émouvant de voir que le public est autant happé par le récit.

Vous jouez un peu à domicile ?

Oui. J’ai habité dans deux maisons différentes qui se situent dans la même rue que le Grand Salon de Jemappes. Je connaissais cet endroit quand j’étais enfant, puis ado. C’est là que se tenaient les soirées d’école et ce genre de choses. C’est une salle communale, associative, qui a été sauvée par sa restauration. Elle n’est pas vraiment adaptée pour faire de la télé mais cela faisait des années que j’avais envie d’y tourner un show.

Vous écrivez des spectacles à une cadence soutenue. Où trouvez-vous l’inspiration ?

J’ai une famille nombreuse, avec quatre enfants à charge que je dois toujours nourrir. J’aurais besoin de moins de sous, je ne travaillerai pas autant (rire). En ce qui concerne l’inspiration, plus j’avance et plus c’est difficile, pour plusieurs raisons. La fatigue, sans doute, et le fait que j’ai déjà abordé beaucoup de sujets. On peut croire que l’actualité nous donne du grain à moudre mais je ne fais pas de chronique d’actu. Je ne peux pas travailler sur des sujets éphémères qu’on n’aura plus en tête un jour plus tard. Je choisis des sujets de l’air du temps, des polaroïds d’un instant. Et puis, il y a aussi le fait que la barre est de plus en plus haute avec l’arrivée de nouveaux talents sur le marché.

Il n’y a que vous qui proposez des spectacles diffusés en télévision aussi régulièrement.

Je n’en avais pas vraiment conscience jusqu’il y a quelques années. Un magazine allemand s’était alors intéressé à moi. J’avais fait la couverture à l’époque et ils disaient que, à leur connaissance et parmi toutes les chaînes européennes, je suis le seul à avoir des rendez-vous aussi réguliers en solo. C’est un format qui n’existe pas ailleurs, sauf sur des chaînes du câble ou thématiques. C’est sans doute encore la télé à l’ancienne. Rien que le fait de tourner dans un théâtre et pas dans un studio de télévision, moi ça me va (rire).

Ce qui fonctionne le mieux en télévision, c’est le football. Et les matchs sont tournés à l’extérieur, pas en studio. Ce n’est pas de la télévision, c’est du foot. Et moi non plus je ne fais pas de la télévision. Tant que je peux continuer comme ça, je le fais. À 63 ans, je suis encore trop jeune pour prendre ma retraite – et avec toutes les réformes, je ne la prendrai peut-être jamais (rire). Dans la dernière partie du show, je fais un sketch d’une trentaine de minutes qui ne parle que de la télé, et je ne suis pas très tendre !

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