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Programme télé de ce dimanche 14 juin : notre sélection

Ce soir à la télé, un documentaire sur Gregory Peck. Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Journaliste Temps de lecture: 3 min

Il voulait être médecin. Rien, dans l’enfance d’Eldred Gregory Peck, ne laissait présager une telle destinée. Né le 5 avril 1916 à La Jolla, en Californie, il grandit avec sa grand-mère maternelle après le divorce de ses parents, alors qu’il n’a que cinq ans. C’est elle qui l’emmène au cinéma chaque semaine — une habitude qui, sans doute, nourrit en lui quelque chose sans qu’il le sache encore. À l’université de Berkeley, où il suit des cours de médecine, le théâtre le saisit. Il abandonne tout, troque son prénom d’Eldred contre Gregory, et file à New York tenter sa chance à Broadway. Un parcours que beaucoup ont tenté, souvent sans succès.

Et pourtant, la suite ressemble à un conte hollywoodien. Un conte avec ces zones d’ombre que le documentaire de Grégory Maitre, diffusé sur Arte, prend soin de ne pas escamoter. Car si Gregory Peck incarne aux yeux du monde une certaine idée de la droiture — voix de baryton, port altier, regard habité —, l’homme a aussi connu ses tourments. Son premier mariage avec Greta Kukkonen, une coiffeuse finlandaise rencontrée lors d’une tournée, se solde par un divorce douloureux, qu’il combat longtemps avant de se remarier avec la journaliste française Véronique Passani. Et puis il y a Jonathan, son fils aîné, dont le suicide restera sa blessure la plus profonde.

À l’écran, Peck ne se contente pas d’être beau et magnétique. Dès ses débuts en 1944 aux côtés de Jacques Tourneur dans Jours de gloire, il cherche des rôles qui signifient quelque chose. La Maison du docteur Edwardes d’Hitchcock le propulse au sommet ; Le Mur invisible d’Elia Kazan dénonce l’antisémitisme ; Du silence et des ombres de Robert Mulligan — qui lui vaut l’Oscar en 1963 — fait d’Atticus Finch l’un des plus grands héros de l’histoire du cinéma américain selon l’AFI. Un palmarès militant, cohérent avec ses convictions : sympathisant du Parti démocrate, il est même envisagé dans les années 1970 comme candidat possible contre Ronald Reagan au poste de gouverneur de Californie.

C’est Audrey Hepburn, pour qui il obtient une place en tête d’affiche de Vacances romaines alors qu’elle est encore inconnue, qui le résumera le mieux : « D’un naturel plutôt discret, il n’a jamais eu peur de prendre position, aussi bien dans la vie que dans ses films. » Deux êtres qui se choisissent, et une amitié qui durera jusqu’à la mort de l’actrice en 1993.

Des extraits de films, archives d’interviews ou encore témoignages permettent de mieux saisir qui était ce gentleman du septième art.  

« Grégory Peck, le gentleman acteur », 20h05, Arte.

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