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Amaury Da Cunha explore le deuil : « La voix, c’est plus intime qu’un visage »

À travers le téléphone, Amaury Da Cunha fait surgir un frère disparu et une méditation sur les voix qu’on n’entend plus. Article réservé aux abonnés S'abonner
Par Rodrigue Jamin
Temps de lecture: 5 min

Il y a des livres dont on ne sort pas indemne. « Touche fantôme » est de cette trempe-là. En 160 pages d’une sobriété magistrale, Amaury Da Cunha – photographe, écrivain et journaliste au « Monde des livres » – transforme un objet banal, le téléphone portable, en fil d’Ariane vers ses morts et ses vivants. Tout part de deux appels, « deux entailles dans sa mémoire » : celui de septembre 1984 qui lui annonce la naissance de son frère Charles, et celui de juillet 2009 qui lui apprend son suicide, à Singapour, à 24 ans. De cette matière brûlante, l’auteur tire un texte d’une pudeur et d’une justesse rares, où l’émotion affleure sans jamais déborder. Un sommet de retenue et d’introspection, de poésie aussi.

On croit lire un livre sur le téléphone. C’en est un ?

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