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Ce soir, Arte diffuse « Melancholia ». Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Par D.D.
Temps de lecture: 2 min

Festival de Cannes, mai 2012. La Croisette accueille avec entrain le nouveau film de Lars von Trier, aujourd’hui âgé de 70 ans. Un auteur à part, inventeur si on peut dire d’un cinéma… vaguement singulier, partageant une paternité autoproclamée avec son cadet de Copenhague Thomas Vinterberg, l’homme des « Festen ». Le « mouvement » est carrément identifié en tant que « Dogme96 », et prône un style épuré, simple, sans travelling ni caméra éloignée, n’utilisant aucune partition musicale non jouée en direct. Rien que de l’épaule. Pas de « film de genre » ni surtout de violence armée, format 35mm dit « académique », couleur seulement « corrigée » par une lampe sur la caméra si vraiment c’est nécessaire. En somme, beaucoup d’interdits et d’esbroufe, car l’histoire du septième art avait déjà connu, au long du siècle dernier, un tas de productions « à deux balles » en réaction aux grands (gros…) standards, tant anglo-saxons que français ou italiens. Une cinquantaine de titres numérotés se sont revendiqués de ce label, essentiellement danois et nordiques, avec quelques détours italiens, français et même belge avec notre bruxellois Vincent Lannoo et son « Strass » plutôt documentaire de bientôt un quart de siècle.

« Melancholia » est le nom d’une planète incontrôlable qui s’est baladée dans les parages immédiats du système solaire sans causer de grosse catastrophe. Elle s’approche dangereusement de la Terre. Du pré-apocalyptique pur jus. C’est pour une autre raison que l’ouvrage détonne. Lars von Trier est né sans la particule du milieu. Un ajout que l’authentique Lars Trier a justifié par une paternité allemande que lui a révélée sa mère dans son dernier souffle, déniant ainsi son père danois officiel. Sympathie teutonne et même nazie avouée lors des échanges de presse ayant suivi la projection. Il ne faudra que quelques minutes pour créer un vrai scandale ! Le réalisateur expliquera qu’il s’agissait d’une provocation mal reçue, mais c’est trop tard. Le mal est fait. La direction du festival décrète l’exclusion du fauteur avant de l’autoriser à poursuivre son parcours vers un prix d’interprétation pour Kirsten Dunst, pourtant choisie en raison d’un débinage de Penélope Cruz en faveur d’une « Fontaine de jouvence » de la saga du « Black Pearl » ! Elle incarne face à Charlotte Gainsbourg la sœur déprimée de celle-ci, lors d’un mariage complètement foireux dont on vous laisse la surprise, en compagnie des Kiefer Sutherland, Charlotte Rampling, Alexander et Stellan Skarsgård, John Hurt et la BO de… Richard Wagner. Tiens donc. Lent et contemplatif…

« Melancholia », 20h55, Arte.

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