Retour du prince Harry et de Meghan Markle : quel impact sur la monarchie ?

Trois semaines après leur réinstallation au Royaume-Uni, Harry et Meghan se font discrets. Mais à l’approche des premiers engagements publics du prince, les tensions avec la famille royale continuent d’alimenter le feuilleton de leur retour.
Depuis leur arrivée le 26 août, les Sussex n’ont pas pris la parole, et la première sortie connue du fils cadet du roi Charles III remonte au 7 septembre, lors d’une visite dans un studio londonien de podcasts, relayée sur le compte Instagram du studio.
Installés selon des médias britanniques dans la région des Cotswolds, prisée des célébrités, ils ont seulement donné à voir des instantanés de leur nouvelle vie champêtre.
Mardi, pour les 42 ans du prince, Meghan a publié des photos de famille, avec leurs enfants Archie, 7 ans, et Lilibet, 5 ans. Quelques jours plus tôt, elle avait partagé des images de Harry pêchant depuis une barque, de leur fille à vélo et du couple se promenant en forêt.
Une vitrine familiale bucolique et maîtrisée.
Clarification
Les médias ont jusqu’ici respecté leur demande de ne pas révéler leur adresse ni l’école de leurs enfants. Cette discrétion n’a toutefois pas empêché de nouvelles interrogations sur leur sécurité.
Plusieurs médias ont rapporté lundi qu’Archie et Lilibet avaient changé d’école quelques jours après la rentrée. Un porte-parole du couple a confirmé à ces médias, dont le Times et la BBC, que cette décision avait été prise après consultation de leur équipe de sécurité.
La question est particulièrement sensible pour Harry et Meghan, qui ont perdu la protection policière systématique accordée aux membres actifs de la famille royale, depuis leur rupture fracassante avec cette dernière et leur départ aux États-Unis en 2020.
Selon la BBC, la commission chargée de la protection des personnalités examine actuellement les risques pesant sur sa famille dans le contexte de son retour au Royaume-Uni.
En parallèle, le retour du couple a déjà donné lieu à une nouvelle bataille de communication avec le palais de Buckingham.
Début septembre, le palais a fait fuiter une lettre écrite par un haut responsable de la maison royale au nom de Charles III, rappelant que Harry et Meghan demeuraient des membres non actifs de la famille royale et que leurs engagements caritatifs étaient menés « à titre privé ».
Pour la chroniqueuse royale Jennie Bond, le message est limpide, « la porte reste résolument fermée » à tout retour des Sussex comme membres actifs de la monarchie, et ne s’ouvrira pas « simplement parce qu’ils ont choisi de revenir au Royaume-Uni », a-t-elle écrit dans le journal The i.
Cette clarification montre aussi que le palais « craint que Harry et Meghan ne détournent l’attention » du travail des autres membres de la famille, souligne auprès de l’AFP l’historien et expert de la famille royale Ed Owens.
Impact sur la monarchie
Les représentants des Sussex ont fait savoir dans la presse qu’ils avaient été « surpris » de voir le texte rendu public une heure seulement après l’avoir eux-mêmes reçu. Une passe d’armes qui rappelle la période délétère ayant précédé leur départ en 2020.
Car six ans après le « Megxit », la question de la place à accorder à Harry et Meghan se pose de nouveau avec leur retour.
Selon un récent sondage YouGov, seuls 16 % des Britanniques souhaitent voir Harry et Meghan redevenir des membres actifs de la famille royale, contre 51 % qui s’y opposent.
Mais « qu’ils agissent ou non officiellement pour le compte de la famille royale, leurs activités auront une incidence sur l’image de la monarchie », souligne Ed Owens.
Il mentionne l’intervention du palais cette semaine pour que l’Ouganda réintègre les prochains Invictus Games, compétition pour militaires blessés qu’Harry a fondée en 2014 et qui doivent se tenir à Birmingham en 2027. Ce pays voulait les boycotter en signe de soutien à Charles III.
Les prochains jours constitueront un premier test. Harry doit participer à plusieurs événements liés aux Invictus Games, avant de remettre le 21 septembre les prix de l’association WellChild, dont il est le parrain.
Ces apparitions permettront de mesurer la popularité du couple, l’attitude des tabloïds à leur égard. Mais aussi la place qu’ils entendent occuper. Sans rôle officiel, mais pas dans l’ombre non plus.
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