Programme télé de ce vendredi 18 septembre : notre sélection

Ce soir sur La Trois, direction le sud de l’Amazonie brésilienne et le bassin du Xingu : pendant deux semaines, Stéphane De Groodt s’installe chez les Wauja, une communauté d’agriculteurs et de pêcheurs du village d’Ulupuwene. Aux côtés de Laury Thilleman, qui a repris les commandes de l’émission, le comédien bruxellois range ses calembours pour se confronter au réel. Un bel exercice de sobriété pour ce boulimique du verbe.
Car avant d’empiler les bons mots, l’homme a surtout avalé les kilomètres de bitume. Quinze années durant, il a mené une vraie carrière de pilote automobile pro. Formule Ford, F3000, 24 Heures de Spa et même un titre de champion de Belgique en Procar. Jusqu’à ce que, en 2000, il décide de raccrocher la combinaison pour monter sur les planches avec une seule idée fixe : jouer la comédie.
Formé sur le tas et rompu aux joutes de la Ligue d’improvisation belge pendant six ans, Stéphane De Groodt fourbit ses armes à domicile dans des sketches et de courtes fictions. Chez nous, le public adopte vite ce grand escogriffe flegmatique, roi du pas de côté et du second degré pince-sans-rire, capable d’embarquer une conversation banale dans un mur d’absurdité pure.
La France mettra plus de temps à mordre à l’hameçon, avant de capituler d’un coup. Le déclic ? Ses chroniques démentes sur Canal+, dans « Le Supplément », où ses acrobaties sémantiques sidèrent les plateaux. Notamment en juin 2013, lors d’un face-à-face d’anthologie avec Nabilla, totalement larguée par son débit de mitraillette littéraire, qui achève d’en faire un phénomène viral. Belle revanche pour l’ancien cancre dyslexique, désormais consacré par le prix Raymond Devos pour ses « Voyages en absurdie ». Le cinéma prend la suite : « Supercondriaque », « Le Jeu », puis un prix d’interprétation en 2020 à l’Alpe d’Huez pour « Tout nous sourit ».
Touche-à-tout obsessionnel, De Groodt vit comme un gosse lâché à Euro Disney, pressé d’essayer tous les manèges avant que le parc ne ferme. Son moteur ? Dédramatiser l’existence en permanence. Mais au fin fond de la forêt brésilienne, face à un peuple qui lutte pour sa terre et ses traditions, le décor change radicalement. Pendant 15 jours, le comédien partage le quotidien des familles d’Ulupuwene, entre pêche sur le fleuve et veillées rituelles. Une immersion brute, loin du confort des studios.
« Rendez-vous en terre inconnue : Stéphane De Groodt chez les Wauja », 20h30, La Trois.








