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Princesse Diana : la guerre des souvenirs

Dans « Swan Song : Diana, my sister », paru ce mardi, Charles Spencer rouvre les plaies de 1997. Et Buckingham Palace, fait rarissime, lui répond !
Par Bertrand Deckers
Temps de lecture: 3 min

Vingt-neuf ans après sa mort, Diana continue donc de faire parler les vivants. Cette fois, c’est son frère Charles Spencer qui (re)prend la parole. Et il ne le fait pas à demi-mot. Dans son nouveau livre, « Swan Song : Diana, my sister », il revient sur les jours qui suivent le 31 août 1997, sur l’effondrement d’une famille, sur William et Harry, mais aussi sur celui qui était encore le prince Charles. Spencer affirme notamment que Charles aurait alors estimé que l’émotion provoquée par la mort de Diana finirait par retomber et qu’elle serait bientôt oubliée. Une phrase qui, près de trente ans plus tard, claque encore comme une gifle.

Buckingham Palace réagit !

Buckingham Palace aurait pu choisir son arme habituelle : le silence. La monarchie britannique excelle dans cet art. On ne commente pas. On ne répond pas. On ne s’explique pas. Pourtant, cette fois, le Palais a réagi. Avec les précautions d’usage, il a rappelé que le choc et le deuil pouvaient altérer les souvenirs. Une manière très britannique de contester le récit sans entrer franchement dans la bataille.

Charles Spencer, lui, n’a rien lâché. Il assure dire la vérité et accuse même le Roi de chercher à réécrire l’Histoire. Dès lors, le livre cesse d’être seulement un récit familial, il devient une bataille de mémoires. Et, avec elle, revient une vieille question que les Windsor n’ont jamais vraiment réussi à refermer : qui peut encore prétendre raconter Diana sans raconter, en même temps, sa propre version de l’histoire ? Car chacun conserve aujourd’hui sa propre Diana. Charles Spencer garde une sœur fragile, proche de lui, parfois perdue. William et Harry gardent leur mère. Charles III garde l’ancienne épouse avec laquelle il a vécu quinze années d’une histoire devenue publique jusque dans ses blessures. Et nous autres gardons une femme figée pour toujours à 36 ans, sortie de sa voiture à Paris pour entrer dans la légende.

Le traumatisme Harry

Spencer revient aussi longuement sur Harry, qui n’avait que 12 ans. Il estime qu’après les funérailles, le jeune prince a été laissé trop seul face à son chagrin. Il reparle surtout de cette marche derrière le cercueil, image devenue presque insoutenable avec le temps : deux enfants contraints d’avancer devant des millions de regards alors qu’ils venaient de perdre leur mère. Et c’est là que le livre devient plus troublant. Car Charles Spencer écrit avec sa colère, ses souvenirs, mais aussi avec ses propres blessures. Son récit n’est pas une vérité judiciaire, il est une vérité intime, traversée par le temps, le deuil et les rancœurs. C’est peut-être ce qui explique pourquoi Diana reste si présente. Chacun continue de parler pour elle, de défendre sa mémoire, de corriger celle des autres. Près de trente ans après sa mort, la princesse demeure moins un souvenir qu’un territoire que les vivants continuent de se disputer.

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