Programme télé de ce mardi 13 octobre : notre sélection

Dans les années 70, deux inventeurs belges escroquent les dirigeants du groupe Elf jusqu’au président Giscard d’Estaing. Leurs avions renifleurs seraient capables de détecter des gisements pétroliers… Louis Farge, le réalisateur d’« Eldorado » nous dévoile les coulisses du tournage.
Pourquoi avoir exhumé ce scandale ?
Je voulais mettre en lumière les thématiques derrière cette affaire : celles de la croyance et du déni de réalité que vivent tous les personnages. Que ce soient les patrons d’Elf, les inventeurs, les politiques…, tous ont eu besoin de croire soit en leurs rêves, soit en leurs mensonges, alors que tous les voyants étaient au rouge. Ce besoin existe encore aujourd’hui de voir des hommes providentiels, comme Elon Musk ou autres, qui vont révolutionner notre quotidien ou notre industrie. Les deux inventeurs belges des avions renifleurs ont fait croire à la France qu’elle avait la possibilité de reprendre l’avantage face à l’OPEP et de conforter sa place sur l’échiquier mondial.
Cette affaire se déroule sur fond de crise pétrolière. 50 ans plus tard, c’est plus que jamais actuel !
Je pense que c’est assez cyclique mais aussi que l’homme apprend mal de ses erreurs. Il y a tout de même quelque chose de beau dans cette affaire. Ces inventeurs sont des escrocs mais à la fois, au départ, leur cause était louable car ils cherchaient de l’eau, pas du pétrole. L’idée était bonne jusqu’à ce que des industriels entrent dans le jeu et les encouragent à trouver de l’or noir.
Jérémie Renier incarne le comte inventeur-escroc. Il fallait un Belge pour jouer ce rôle ?
Cela rendait le personnage encore plus intéressant selon moi. Le fait que les deux inventeurs soient incarnés par des acteurs belges donnait encore plus de sens à l’histoire. Quand j’ai parlé du film à Jérémie, je ne lui ai pas dit que nous allions faire une fiction sur les avions renifleurs, que je vois davantage comme un point d’accroche, mais plutôt sur la croyance, les rêves de gosse, les inventions…
Vous replongez par ailleurs dans les années 70 avec le look, les voitures, le mobilier… C’est un vrai bond dans le temps ?
Nous sommes en réalité entre ancien et actuel. Les costumes, les décors, etc., nous plongent en effet il y a 50 ans. Mais il y a une véritable modernité et un rythme actuel dans la manière de tourner. Cette série est faite pour être vue en 2026 et on n’est pas du tout dans une grammaire cinématographique à l’ancienne !







