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Justine Triet revient sur son discours au Festival de Cannes: «Mes propos ont été déformés»

La réalisatrice dénonce la misogynie de ses détracteurs, trois mois après avoir emporté la Palme d’Or.

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Dans une interview accordée au magazine Elle, Justine Triet est revenue sur son discours qui a créé la polémique au Festival de Cannes. Elle estime que ses propos ont été « déformés ».

Alors qu’elle recevait la Palme d’Or en tant que réalisatrice pour son film « Anatomie d’une chute », les manifestations contre la réforme des retraites animaient la France. Dans son discours, elle avait dénoncé le comportement du gouvernement français qui niait « de façon choquante » les protestations qui faisaient rage. Ses mots portaient aussi le système de financement du cinéma. Selon elle, le pouvoir cherche aussi à « casser l’exception culturelle sans laquelle (elle) ne serait par là aujourd’hui. »

Dans une conférence de presse, elle a critiqué les aides publiques du 7e Art qui tendent « vers la rentabilité », en pointant du doigt les aides accordées au « plus gros films ».

« Heureusement, j’ai aussi été »

Dans le magazine, elle explique : « Au tout début, ça a été assez violent. Mes propos ont été déformés. J’essayais d’avoir une pensée solidaire à l’égard de tous ceux qui avaient manifesté contre la réforme des retraites, ce qui représentait une majorité de Français. » En ajoutant : « On m’a reproché ma supposée ingratitude, mais je ne parlais pas de moi. Je parlais d’un système à défendre pour la jeunesse qui arrive. Si j’avais été contrainte par une logique de rentabilité, j’aurais été freinée extrêmement vite. »

Elle assure que ces idées circulent beaucoup dans le monde du cinéma depuis des années. « Heureusement, j’ai aussi été soutenue par beaucoup de gens, notamment du métier, qui se sont reconnus et ont été solidaires de mes mots. Je pense qu’un endroit comme Cannes est aussi fait pour cela », confie-t-elle.

Selon elle, les critiques envers son discours sont misogynes : « Quand Ken Loach fait son discours en 2016 et qu’il cite trois fois le mot ’néolibéralisme’ en disant ses inquiétudes pour le monde qui arrive, on l’applaudit. »

À lire aussi : Festival de Cannes : Justine Triet oublie son prix sur scène, Jane Fonda lui jette dessus (vidéo)

Justine Triet conclut : « Moi, je dis des choses qui ne sont franchement pas révolutionnaires, dans une forme d’empathie, d’altruisme, de solidarité, et je suis conspuée et traitée d’enfant gâtée. Je pense que c’est l’expérience de misogynie la plus grande que j’aie jamais rencontrée jusqu’ici. »

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