Édito : l’inquiétante fracture entre les politiques et les citoyens

Ces derniers jours, RTL Info a révélé les résultats d’un sondage particulièrement interpellant. L’étude, menée par Ipsos auprès de 1.000 Belges francophones de plus de 18 ans en Wallonie et à Bruxelles, révèle une profonde fracture entre les responsables politiques et la population. Cette fracture se traduit notamment par une terrible perte de confiance des citoyens envers les politiques. On imaginait des résultats assez mauvais : ils sont carrément effrayants. Pas moins de 71 % des personnes interrogées déclarent ne pas avoir confiance dans la classe politique. Plus en détail, 29 % des sondés disent ne pas avoir confiance du tout et 42 % ont peu confiance. Les tranches d’âge 35-54 ans et 55 ans et plus apparaissent comme les plus méfiantes, avec carrément 75 % des personnes interrogées estimant ne plus avoir confiance. Le sondage indique que la première raison de cette méfiance est la déconnexion ressentie entre la classe politique et les Belges.
La population estime que les préoccupations des politiques ne sont plus celles des gens. Avouons que les politiques ne font rien pour arranger les choses. À Bruxelles, la paralyse politique est sans précédent, avec plus de 500 jours sans gouvernement. Les clivages linguistiques et les divisions idéologiques rendent la capitale ingouvernable. Et les problèmes quotidiens des citoyens ne sont plus pris en compte. Au fédéral, la grève nationale de trois jours (du 24 au 26 novembre) montre à nouveau qu’une partie importante des travailleurs ne peut entendre les réformes actuellement mises sur la table pour économiser 10 milliards d’euros. Et les tensions au sein de ce gouvernement fédéral sont intenses. Le Premier ministre Bart De Wever a clairement menacé de démissionner la semaine passée. Gouverner en pleine crise n’a rien de simple. Mais c’est justement dans la tempête qu’on reconnaît les bons capitaines. Mesdames et Messieurs les ministres ou futurs ministres, ressaisissez-vous !









