Édito : « La crèche ne devrait pas passer l’hiver »
Il y avait foule ces derniers jours dans le cœur de la capitale pour l’ouverture des Plaisirs d’Hiver. Mais une simple crèche a gâché la fête. Après avoir tenté un improbable sapin en métal en 2012, la Ville de Bruxelles a remis le couvert en remplaçant l’ancienne étable en bois et ses sujets traditionnels par une installation contemporaine. Une tente translucide, « inspirée des Serres de Laeken » selon l’artiste Victoria-Maria Geyer (il faut chercher), est peuplée de surprenants personnages sans visage, fabriqués en tissus de récupération. « Les visages sont volontairement sans traits afin que tout le monde puisse s’y reconnaître », explique l’artiste sélectionnée. Voilà l’erreur. À force de vouloir faire du politiquement correct, de l’inclusif à tout prix, la Ville a en fait contribué à attiser ce qu’elle voulait combattre. Chacun peut juger de la réussite artistique de l’œuvre (personnellement, je trouve cette crèche horrible), qui a d’ailleurs déjà été vandalisée. Mais le message derrière ce projet, qui vise à détruire des traditions parce qu’elles sont liées à une religion, est lamentable.
Dans la même veine, la Fédération Wallonie-Bruxelles avait déjà rebaptisé les vacances de Noël en vacances d’hiver. Cet effacement culturel d’une forte communauté de notre pays et de ses traditions n’est pas acceptable. Parmi les personnalités qui ont réagi en ce sens, on citera le patron de Pairi Daiza, Eric Domb : « Depuis quelque temps, les mots changent. On gomme les prénoms, on efface les racines, on polit le langage jusqu’à en faire un miroir sans reflet. » Et de conclure : « Noël n’est pas un héritage à cacher. » On ne peut mieux dire. La nouvelle crèche, qui a coûté 65.000 euros, doit rester huit années de suite sur la Grand-Place. Pour nous, elle ne devrait pas passer l’hiver.









