L’édito de Benoît Franchimont : les leçons du procès Falzone

Pour les familles et les proches des victimes de Strépy-Bracquegnies, le procès qui s’achève ce mercredi à la cour d’assises de Mons laisse deux sentiments positifs dans cet océan de douleur. La justice a fait son travail, en reconnaissant les faits à leur juste gravité. Et la communauté des proches en est sortie soudée, après avoir fait front uni durant autant de semaines difficiles, chargées en émotion. C’est à ces victimes survivantes et à ces proches que nous pensons aujourd’hui, eux qui pourront enfin faire leur deuil et se reconstruire dans un contexte plus serein, même si, on le sait, rien ne sera plus pareil. Paolo Falzone, le conducteur de la voiture, a été reconnu coupable de 7 meurtres et de 79 tentatives de meurtre.
Les douze jurés ont suivi l’avis des parties civiles et de l’avocat général, qui considéraient que Falzone avait eu l’intention de tuer. Il roulait à 174 km/h dans le village, quelques secondes avant d’emboutir le cortège du carnaval, une main sur le volant, l’autre sur son GSM pour filmer. C’est une leçon pour tous les chauffards. Rouler comme un fou et tuer un passant ou un autre usager de la route, c’est un meurtre, pas un homicide involontaire. Pour les affaires qui suivront (il y en aura d’autres, malheureusement), la loi sera modifiée. Dès septembre, le nouveau Code pénal intégrera la notion « d’homicide dans le cadre de la circulation », avec des peines jusqu’à dix ans de prison. C’est le double de la situation actuelle. Mais ce message sera-t-il assez fort pour dissuader les fous du volant ? S’ils ont le même QI que Paolo Falzone, rien n’est moins sûr.









