Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « Master of Puppets »

Sorti en single le 3 février 1986, juste avant l’album le 2 mars 1986, « Master of Puppets » (le maître des marionnettes), est assurément le hit de l’album. « Chaque chanson qu’on composait nous semblait être meilleure que la précédente. À chaque nouvelle compo, on se disait : “Oh my God !” » (Metallica 1985).
8’35’’ de riffs thrash ultrarapides, avec un break central lent et mélodique où la victime supplie « Master, Master… », puis un final incroyablement explosif, « Master of Puppets » devient vite l’hymne thrash metal par excellence de toute une génération, un titre que Metallica n’a quasiment jamais arrêté de jouer en live. Le morceau connaîtra un deuxième boom en 2022 quand Eddie Munson le joue dans le final de « Stranger Things » saison 4, ce qui l’a fait rentrer dans le top 40 Billboard 36 ans après sa sortie !
Debout au bord de la scène du Lyceum Theatre, trempé de sueur et souriant, James Hetfield exhorte les « bruyants enfoirés », vêtus de jean et de cuir devant lui, à élever leurs voix à l’unisson une dernière fois pour un chant assourdissant, suffisamment fort pour déranger les amateurs d’art plus raffinés qui envahissent les rues du quartier animé des théâtres du centre de Londres après le salut final.
Nous sommes le 20 décembre 1984, c’est le concert de clôture de la première tournée européenne de Metallica en tête d’affiche, et le Californien de 21 ans ainsi que ses frères d’armes – le guitariste Kirk Hammett, le bassiste Cliff Burton et le batteur Lars Ulrich – sont d’humeur festive, déjà ivres et prêts à faire encore plus la fête alors qu’ils concluent leur rappel de trois titres par « Metal Militia », un hymne de combat qu’ils avaient placé en dernier titre de leur premier album, « Kill ’Em All », sorti l’année précédente.
Le quatuor avait de nombreuses raisons de se réjouir en cette fin d’année qui avait pourtant commencé sous de sombres nuages. En janvier, quelques semaines seulement avant qu’il ne s’envole pour l’Europe afin d’enregistrer son deuxième album, « Ride The Lightning », dans le pays natal de son batteur danois, le groupe a été victime d’un vol : un gang de Boston a dérobé leurs guitares, leurs amplis, leurs microphones et la batterie en pleine nuit dans le camion que leur équipe avait garé près du Channel Club, où le groupe devait se produire le lendemain soir. Puis en mars, alors qu’ils enregistraient les derniers doublages de l’album au studio Sweet Silence de Copenhague, ils ont essuyé un nouveau coup dur qui a sapé leur moral lorsqu’ils ont appris qu’en raison de ventes de billets catastrophiques, toutes les dates de la tournée britannique avaient été annulées par leur promoteur britannique.
Pourtant, alors même que leur élan était brutalement freiné par ce revers humiliant, des personnalités influentes de l’industrie musicale se mobilisent autour d’eux. À l’été 1984, après un concert accueilli en liesse au légendaire Roseland Ballroom de New York, le groupe se voit proposer, et accepte, un contrat d’enregistrement avec le label américain Elektra.
Ils attirent également l’attention de Peter Mensch et Cliff Burnstein, cofondateurs de l’agence « Q Prime Management », qui comptait parmi ses artistes AC/DC et Def Leppard – et qui bientôt comptera également Metallica parmi les siens. D’un garage d’El Cerrito dans la banlieue de San Francisco aux plus grands stades du monde, la fulgurante ascension du plus grand groupe de metal allait commencer… pour ne plus s’arrêter.










