L’édito de Benoît Franchimont : l’affaire Dutroux, 30 ans et trop de questions

Il y a 30 ans, à la mi-août 1996, la Belgique – et bientôt le monde entier stupéfait – découvrait le visage du monstre. L’enquête sur la disparition de Laetitia à Bertrix menait enfin à l’arrestation du pédophile Marc Dutroux et de ses complices. Dans la région de Charleroi, les enquêteurs libéraient Laetitia mais aussi Sabine, avant, malheureusement, de retrouver les corps sans vie de Julie et Mélissa et, plus tard, d’An et Eefje. Trente ans après, « Soir mag » a réuni l’ancien procureur de Neufchâteau Michel Bourlet et Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie. Avec un constat partagé désolant : 30 ans après, trop de questions restent sans réponse. Des complices de Dutroux sont sans doute toujours dans la nature. Et quel était son vrai projet ?
Le procureur Bourlet en vient à regretter d’avoir pris sa pension trop vite : « Peut-être aurais-je dû continuer un an ou deux… » Mais il ne désespère pas que les progrès de la science en matière d’ADN puissent encore relancer l’affaire. Pour Jean-Denis Lejeune aussi, trop de questions restent ouvertes. Quand, comment et pourquoi sa fille Julie est-elle morte ? Il ne le saura sans doute jamais.
Trente ans plus tard, le papa garde en lui une terrible envie de vengeance. Mieux vaut que Dutroux ne sorte jamais de prison… L’année 1996 a changé la Belgique et ses habitants. Les citoyens ont découvert à la fois le visage du mal absolu et le moyen d’y faire face ensemble. Deux mois après le début de l’affaire Dutroux, la Marche blanche est et restera un moment de mobilisation et de communion unique dans l’histoire récente de notre pays. Et trente ans après, rien n’est oublié.








