L’édito de Pierre De Vuyst : Léon XIV ou la soif de sens

Au pays de la laïcité, le principe (né socialiste, devenu anarchiste) « Ni Dieu ni maître » s’était peu à peu imposé en matière de spiritualité depuis 1968, alors que les églises de France se voyaient peu à peu désertées, vidées de leur substance. Pourtant, la visite apostolique du Pape du week-end dernier, entre Paris, Lourdes et Metz, fut triomphale. Léon XIV a rassemblé les foules – au moins 1,5 million de personnes en quatre jours – et a séduit les Français par son amabilité, sa disponibilité et l’usage systématique du français dans ses discours. Mais surtout, le pontife a conquis une certaine jeunesse, omniprésente tout au long de son séjour, en particulier les 80.000 jeunes catholiques rassemblés au Stade de France pour une veillée de prière avec le Saint-Père. Si la pratique de la religion continue de reculer sous nos latitudes, quelque 13.000 adultes et 8.000 adolescents ont demandé le baptême en France cette année.
Dans le violent contexte géopolitique actuel et sur fond d’une grande inquiétude pour l’avenir, les jeunes sont visiblement en quête de sens. Et la religion peut s’avérer un refuge. Le discours du Pape, affable mais très ferme, les convainc. Comme son attitude, polie, mais implacable vis-à-vis de Donald Trump. Léon XIV n’a peur de personne et c’est ce qui plaît. Quant au fond de son discours, il reste cependant le même que celui de François, intraitable notamment sur la question de l’euthanasie.









