Des chercheurs observent une étoile avalant une planète, un phénomène similaire pourrait avoir lieu avec la Terre
Une étoile proche de la constellation de l’Aigle a grossi et a fini par avaler une planète toute proche.

Même si un tel phénomène avait déjà été constaté, il n’avait jamais pu être observé. Pour Kishalay De, post-doctorant à l’Institut Kavli du MIT, « ce qui nous manquait était de surprendre l’étoile à ce moment, quand on a une planète qui subit un tel sort ». L’étude de Kishalay De sur ce phénomène a été publiée ce mercredi dans « Nature ».
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Selon les scientifiques, l’étoile s’est lentement contractée avant de reprendre sa taille initiale. Pour les astronomes, avec les cent milliards d’étoiles et sûrement autant de planètes présentes dans la galaxie, un tel événement pourrait se dérouler plusieurs fois par an. Pour Miguel Montargès, astrophysicien au LESIA de l’Observatoire de Paris-PSL : « Il est probable que maintenant qu’on a observé cet événement, on va en observer beaucoup d’autres, et l’ensemble de ces événements nous aidera à mieux comprendre l’avenir du système solaire ».
Une étrange température
L’histoire commence il y a pile deux ans. Kishalay De observe une étoile qui brille cent fois plus fort pendant dix jours, depuis l’observatoire du Caltech. Elle se situe à 12.000 années-lumière de la Terre. Alors qu’il cherche un système stellaire binaire, le chercheur s’attend à observer ce phénomène. Dans un système stellaire binaire, deux étoiles sont en orbite l’une autour de l’autre. La plus massive des deux déchire alors l’enveloppe de l’autre et une lumière luit à chaque « bouchée ».
« Cela ressemblait à une fusion d’étoiles », explique l’astronome lors d’un briefing aux côtés des co-auteurs de l’étude, dépendant de deux instituts de recherche américains, Harvard-Smithsonian et Caltech. Après analyse, la lumière émise par l’étoile révèle la présence de nuages de molécules trop froids pour être issus d’une fusion d’étoiles. L’équipe de recherche détermine ensuite que l’étoile, « similaire au Soleil », a relâché une quantité d’énergie un millier de fois plus faible qu’attendu. Celle-ci correspond plutôt à l’énergie d’une planète comme Jupiter.
La fin de l’étoile a été rapide, étant donné qu’elle était « très proche de l’étoile, elle en faisait le tour en moins d’un jour », explique M. De.
Selon les observations, pendant quelques mois, l’enveloppe de la planète a été déchirée par les forces de gravitation de l’étoile avant d’être absorbée, d’où la production de lumière pendant dix jours.
Pour Miguel Montargès : « L’étoile ingère un objet beaucoup plus froid que sa propre surface, de plusieurs milliers de degrés » Dans son interview à l’AFP, il poursuit : « C’est comme si vous mettiez un glaçon dans une casserole en ébullition, ce qu’il vaut mieux ne pas faire, à cause des échanges de température ».
Après cette réaction, l’étoile a éjecté de grands nuages de gaz qui se sont refroidis pendant des mois pour se transformer en nuages de poussière.
Le Soleil qui mange la Terre
Selon Kishalay De, un phénomène identique pourrait se produire entre la Terre et le Soleil. En effet, arrivant à la fin de son existence, ce dernier enflera en géante rouge. Deux issues sont alors possibles : soit la Terre devient un gros rocher en fusion, soit elle disparaît. Pas d’inquiétude cependant, ça ne devrait arriver que de cinq milliards d’années.
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