Faites entrer le doute
Un de mes amis s’étonne sur les réseaux sociaux de la condamnation à 30 ans de prison de Cédric Jubillar pour le meurtre de sa femme Delphine, en France. « Le doute ne doit-il pas profiter à l’accusé ? Il n’y a pas d’aveux, pas de corps, pas de scène de crime… », dit-il. C’est vrai que ce principe est rappelé par les avocats à chaque procès, et singulièrement aux assises. Je me souviens d’un célèbre avocat bruxellois, qui a décroché un paquet d’acquittements en assenant, droit dans les yeux des jurés : « Si vous avez le moindre doute, vous devez acquitter mon client ». Mais la vérité judiciaire n’est pas celle-là. Même sans aveux, sans arme du crime et même sans corps, les juges et les jurés peuvent condamner un individu sur la base d’un faisceau d’indices probants et concordants. Les jurés peuvent estimer que l’ensemble des éléments présentés (témoignages, expertises, etc.) est suffisant pour établir la culpabilité, même en l’absence d’aveux. Le jury et les juges ont le pouvoir de forger leur intime conviction sur cette base.










