Gyozas et jiaozi
Mordre dans un gyoza, c’est vivre un moment suspendu entre croustillant et moelleux. Sous la fine enveloppe légèrement craquante, presque beurrée et dorée comme une feuille d’automne, la farce, chaude et juteuse, se déguste en libérant des arômes d’ail et de ciboule, de gingembre et de sésame. Tremper le gyoza dans un mélange de vinaigre de riz et de sauce soja apporte juste ce qu’il faut d’acidité pour atteindre la plénitude des sens. Mais ce gyoza n’est en fait que le dérivé japonais du jiaozi, le ravioli chinois. Selon la légende fortement ancrée dans les traditions gastronomiques sino-nipponnes, le jiaozi aurait été créé par un médecin chinois du nom de Zhang Zhongjing, sous la dynastie Han du IIIe siècle, pour soigner ses patients victimes d’oreilles gelées en hiver… d’où le ravioli en forme d’oreille élaboré à base d’une feuille de pâte (farine de blé) farcie d’agneau, de poivre noir et de plantes médicinales (les chançards !).










