Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « The House of the Rising Sun »

Tout le monde connaît cette chanson, un véritable avertissement lancé par un homme qui retourne inlassablement à l’endroit qui va le détruire, incapable de faire demi-tour. La tragédie de « The House of the Rising Sun » réside dans son caractère inévitable. Le narrateur semble avoir perdu son libre arbitre, pris, peut-être, dans les griffes d’une dépendance à une force invincible.
Un auteur… anonyme !
Dès les premières notes, on sait que l’histoire se terminera mal. Mais de quel genre de fatalité s’agit-il ? La « House of the Rising Sun » est-elle une maison close, un tripot, les deux ? Était-ce un lieu réel à La Nouvelle-Orléans ? Ou peut-être un tripot en Angleterre d’où la chanson est partie avant d’arriver en Louisiane ? Ou encore un lieu issu de l’imagination de l’auteur-compositeur resté anonyme ?
Eric Burdon et les Animals, qui ont popularisé la chanson dans le monde entier, n’en savaient rien lorsqu’ils l’ont enregistrée et sortie en 1964. Même Alan Lomax, celui qui fut chargé par le gouvernement américain d’enregistrer toutes les musiques vivantes des États-Unis dans les années trente, n’a pas réussi à déterminer l’origine de la chanson.
Bob Dylan jouait « The House of the Rising Sun » dans les cafés avant même d’être connu. Burdon lui-même a découvert cette chanson dans le milieu folk anglais, et les Animals ont repris pour la première fois ce morceau lent et sinistre lorsqu’ils ont fait la première partie de Chuck Berry. « The House of the Rising Sun » a été interprétée par Lead Belly, Woody Guthrie, Nina Simone, Dolly Parton et pratiquement tous les autres artistes attachés à la musique traditionnelle américaine. Depuis l’enregistrement des Animals, elle est devenue l’une des chansons les plus interprétées de l’histoire de la musique. Il en existe plus de 300 versions, avec des reprises dans tous les genres imaginables, du métal au reggae en passant par le disco !
Peut-être que les publics du monde entier s’identifient à cette histoire de destruction et de désespoir parce que son cadre est à la fois mystérieux et, pourtant, si parfaitement choisi. Eric Burdon lui-même, le chanteur des Animals, qui se rend souvent à La Nouvelle-Orléans, est invité dans pas mal d’endroits insolites de la ville. « J’allais dans des prisons pour femmes, chez des dealers de coke, dans des asiles psychiatriques, dans des prisons pour hommes, à des soirées privées. Ils voulaient juste m’y faire aller. »
L’ambiguïté entre le réel et le symbolique rend la chanson adaptable à une multitude de voix différentes. Elle est une métaphore abstraite, mais aussi une référence à de véritables lieux historiques. Même si quelques prétendants fallacieux revendiquent le titre de véritable « House of the Rising Sun », l’origine de la chanson reste inconnue. Même à La Nouvelle-Orléans, personne ne sait encore aujourd’hui où elle se situait, pour autant qu’elle ait jamais réellement existé.
Son attrait, lui, n’est pas un mystère. Cette maison est « un lieu de vice, un lieu de ténèbres et de mauvais présages ». Un endroit auquel nous semblons incapables de résister et dont nous ferions pourtant mieux de nous tenir à l’écart. Nous sommes curieux de découvrir les recoins sombres du monde, l’avertissement de « House of the Rising Sun » restera toujours d’actualité, et les mères, souvent en vain, en parleront toujours à leurs enfants, où que se trouve ce repaire du « péché » et quelle que soit sa nature.
Johnny Hallyday, avec « Le pénitencier », ne dit pas autre chose dans sa version…








