Programme télé de ce vendredi 2 octobre : notre sélection

Ce 20 octobre 1996, Jean-Denis Lejeune le raconte ainsi : « Bruxelles était blanche de monde. C’était un sentiment inimaginable, mes pieds ne touchaient plus le sol tant nous étions portés par la population. » Avec cette marée humaine dans les rues de Bruxelles, la colère face à l’indicible est remplacée par la tristesse de tout un pays. Plus de 300.000 personnes marchent aux côtés des parents des victimes de Marc Dutroux et d’autres parents d’enfants disparus. « C’était une belle reconnaissance pour les petites, un moment de communion inédit », se souvient Jean-Denis Lejeune. C’est la maman d’Elisabeth Brichet, Marie-Hélène Bouzet, qui avait lancé l’idée moins de deux semaines auparavant. Tout s’est organisé très vite et le calme et la dignité ont marqué cet événement jamais vu auparavant en Belgique. La solidarité exceptionnelle qui s’est dégagée de la Marche blanche va soudainement sortir les familles de l’isolement et leur « faire comprendre qu’elles ne sont plus seules. »
Dans ce documentaire, 30 ans après, le papa de Julie a accepté de se replonger dans ses souvenirs, qu’il livre avec émotion, pudeur et force. Il reparle des recherches des enfants, de l’impossible thèse de la fugue d’abord privilégiée, des pays où les parents sont allés pour tenter de trouver une piste pour retrouver Julie et Mélissa, comme au Brésil, au Mexique, au Canada… Des appels lancés dans la presse, seuls moyens à l’époque pour essayer de faire bouger les choses, mais aussi de la déshumanisation de la justice qui ne leur laisse pas l’accès au dossier, des dysfonctionnements, des erreurs qui se sont accumulées… Au témoignage de Jean-Denis, s’ajoute, notamment, la vision de l’ancien procureur Michel Bourlet et du juge Connerotte qui retracent, eux aussi, l’affaire Dutroux vue de l’intérieur, 30 ans plus tard.
« Les gens mettaient beaucoup d’espoir en nous pour que l’on continue le combat face à la justice », rappelle le papa de Julie. Et malgré toute leur indicible peine, ils sont parvenus à se battre. « Toutes les promesses que l’on nous a faites n’ont pas été tenues. Mais certaines choses ont changé depuis. » Des avancées ont été faites : l’accès au dossier pour les victimes, la mise en place du Tribunal d’application des peines et de la cellule de recherche de personnes disparues. Et aussi, Child Focus, pour lequel Jean-Denis s’est énormément investi en allant lui-même à trois reprises à Washington dans un centre similaire pour y découvrir le fonctionnement et le mettre en place en Belgique.
« La marche blanche, 30 ans après, le récit d’un papa », 19h50, RTL-TVI.









