L’édito de Benoît Franchimont : l’affaire Lenoci, une triste escalade

La sévérité de la condamnation de Grégory Lenoci nous a surpris. Le tribunal correctionnel de Namur lui a infligé 17 ans de prison pour avoir rossé presque à mort son voisin, un voisin qu’il soupçonnait d’avoir agressé sexuellement son beau-fils de 6 ans. À titre de comparaison, le même tribunal correctionnel de Namur a condamné, en mars dernier, un quinquagénaire rochefortois à 15 ans d’emprisonnement pour des violences sexuelles commises pendant plus de 10 ans sur deux enfants, une peine un peu inférieure donc.
La juge n’a accordé à Grégory Lenoci aucune circonstance atténuante. Elle a suivi les réquisitions du parquet et a retenu la préméditation, les antécédents violents du prévenu et sa volonté de mettre en scène l’exécution de sa vengeance, en filmant et en postant la vidéo sur les réseaux sociaux. Le message du tribunal est ultra clair : on ne fait pas justice soi-même. On verra si la cour d’appel de Liège sera aussi sévère que le tribunal namurois. Seule la justice est en droit de modifier ce jugement, les menaces contre la juge, les insultes sur les réseaux ou les appels à la violence n’étant pas tolérables.
Plus largement, 30 ans après l’affaire Dutroux, il apparaît dans cette affaire que la justice n’a, à nouveau, pas fait preuve de célérité. Elle avait été alertée plus d’un mois avant les faits que Marc P., le voisin qui allait être tabassé, attirait à nouveau des enfants chez lui, alors qu’il était libéré sous conditions après une condamnation à 37 mois de prison avec sursis pour des actes pédophiles. Une réactivité immédiate de la justice aurait empêché cette triste escalade.









