L’édito de Benoît Franchimont : climat, se préparer au pire

Les images de la catastrophe naturelle au Népal sont effrayantes. La coulée de boue géante a été provoquée par l’effondrement d’un pan de glacier de l’Himalaya, certainement dû aux températures anormalement élevées des derniers mois. Cette tragédie clôt un été 2026 désastreux, avec des températures et une sécheresse affolantes. Le réchauffement climatique est devenu une évidence, et il faudra composer avec ses effets catastrophiques.
Voyons les faits comme ils sont : même si tous les Européens se mettent subitement à ne plus prendre l’avion, à manger du tofu ou à rouler en voiture électrique, endiguer ce réchauffement est un vœu pieux à l’échelle mondiale. Une simple preuve ? La semaine passée, les États-Unis de Trump ont mis la main sur les milliards de barils de pétrole des réserves du Venezuela. Et ce n’est certainement pas pour les laisser dormir dans le sous-sol…
Entre 1990 (date des premières alarmes du Giec démontrant qu’un réchauffement était à l’œuvre) et le début des années 2020, la quantité de CO2 rejetée dans l’atmosphère a augmenté de quasi 40 %… L’homme est ainsi fait : son développement l’emporte sur tout.
Aujourd’hui, il faut se préparer au pire. Lors de la première vague de chaleur de cet été, la Belgique a connu une surmortalité de près de 50 %, avec une pointe à 76 % en Wallonie ! Entre la mi-juin et la mi-juillet, 2.500 personnes sont mortes à cause de la chaleur. Chez nous aussi, le réchauffement tue. Des actions doivent être décidées rapidement et réalisées avant l’été prochain, comprenant, par exemple, l’établissement de refuges climatiques publics dans nos villes ou un plan pour climatiser les hôpitaux ou les maisons de retraite qui ne le sont pas encore. L’autre volet urgent vise à se doter de moyens supplémentaires de lutte contre les incendies. On a vu dans les Fagnes à quel point la Belgique était tributaire de l’aide internationale. L’intervention ultra rapide d’un Canadair ou d’un autre moyen aérien efficace et disponible immédiatement aurait sans doute permis d’éviter une catastrophe aussi grave.









