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Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « Me and Bobby McGee »

Cette semaine, Marc Ysaye évoque un titre rock devenu culte  : « Me and Bobby McGee », Janis Joplin (1971)
Par Marc Ysaye
Temps de lecture: 3 min

Il y a 56 ans, le 12 août 1970. Par une chaude soirée d’été, environ 40.000 personnes envahissent le stade de Harvard, à Boston, pour voir Janis Joplin et son nouveau groupe, le « Full Tilt Boogie Band ». Les billets ne coûtent que 2 dollars ! Personne, ce soir-là, ne sait qu’il est sur le point d’assister au tout dernier concert de Janis Joplin.

Accompagnée de cette formation qu’elle vient tout juste de monter, elle donne un concert puissant mais relativement court, une quarantaine de minutes, mêlant blues, soul et rock : « Tell Daddy », « Half Moon », « My Baby », « Try (Just a Little Bit Harder) », « Maybe » ou encore « Summertime » de Gershwin. Elle interprète également « Mercedes Benz », cette chanson a cappella percutante qui allait devenir l’un de ses titres les plus emblématiques. Pour le public présent au Harvard Stadium, il s’agit simplement d’un concert de Janis Joplin, une jeune fille qui s’apprête à entamer une nouvelle étape de sa carrière avec un nouvel album à enregistrer.

Moins de deux mois plus tard, le 4 octobre 1970, elle meurt à Los Angeles, à l’âge de 27 ans. Sa prestation au Harvard Stadium prend alors une importance que personne, parmi les spectateurs, n’aurait pu imaginer : ce fut la dernière fois que le public vit Janis Joplin se produire en concert.

Le silence de la chambre 105

Le soir du 3 octobre 1970, elle entre au Landmark Hotel de Los Angeles et s’installe dans la chambre 105, pénétrant dans un silence profond qui lui semble plus assourdissant que tous les applaudissements entendus au cours de sa vie. Elle engage la conversation avec tous ceux qui acceptent de lui parler. Le personnel se souvient de son sourire, mais aussi de la tristesse et de la solitude qui se lisaient dans son regard. Elle demande quel temps il fera, et qu’on lui raconte une bonne blague !

Plus tôt dans la journée, elle avait tenté de joindre les personnes qu’elle aimait : ses amis, les membres de son groupe, son fiancé Seth Morgan. Ses appels restent sans réponse ou s’interrompent bien trop vite. Elle descend ensuite dans un magasin local pour acheter des cigarettes. Le vendeur gardera surtout le souvenir d’une femme bien différente de celle qui enflammait les scènes : « Elle paraissait douce. Calme. » Elle passe un nouvel appel depuis une cabine téléphonique publique. Personne au bout de la ligne. Avant l’aube, elle retourne encore deux fois à la réception. « Y a-t-il des messages pour moi ? » Il n’y en a aucun.

Dans la matinée de ce dimanche-là, un employé de l’hôtel la découvre près de son lit. Le combiné du téléphone est décroché. Le paquet de cigarettes est encore à moitié plein. Une overdose d’héroïne trop pure a mis fin à sa vie alors qu’elle n’avait que vingt-sept ans !

« Puis je rentre seule chez moi »

« Sur scène, je fais l’amour avec 25.000 personnes. Puis je rentre seule chez moi. » Janis Joplin connaissait, comme beaucoup d’artistes une fois la performance terminée, le spleen de « l’après-concert ». Certains n’arrivent tout simplement pas à descendre de scène…

Quelques jours plus tôt, elle s’était entièrement consacrée à l’enregistrement de son nouvel album, « Pearl », publié à titre posthume le 11 janvier 1971. On y trouve les hits « Move Over » et « Mercedes Benz », enregistrée trois jours avant sa mort, et bien entendu celui qui sera numéro un aux USA, le formidable « Me and Bobby McGee », écrit par Kris Kristofferson. Elle ne l’entendra jamais mixé…

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