Affaire Weinstein: les témoignages glaçants des victimes

Derrière la multitude d’accusations qui assaillent Harvey Weisntein, depuis que le New York Times a sorti son dossier le concernant, il ne faut pas oublier qu’il y a des femmes de chair et de sang, dont le producteur a fait ses victimes. Certains de leurs témoignages sont particulièrement poignants, dérangeants, insupportables et, de toutes les façons, inacceptables dans leur teneur même.

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Oncle Harvey

Gwyneth Paltrow raconte comment, à l’époque où elle décroche un premier rôle dans « Emma », Weinstein l’invite à le rejoindre dans sa suite de l’hôtel Peninsula, à Beverly Hills, pour un rendez-vous professionnel impromptu. Le producteur commence d’emblée par la caresser puis, suggère qu’ils se rendent dans sa chambre pour poursuivre ses « massages ». « J’étais une enfant, j’avais signé, j’étais pétrifiée. » Une confusion d’autant plus grande que c’est ce même homme qui l’a aidée à décrocher un Oscar pour « Shakespeare In Love »: « Je pensais qu’il était mon oncle Harvey. »

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« Il est grand et gros »

Dans le Guardian, Léa Seydoux fait part elle aussi de sa rencontre particulièrement traumatisante avec Weinstein. C’est à sa demande, qu’elle le rencontre dans le lobby d’un grand hôtel parisien: « Il me regardait comme si j'étais un morceau de viande. Il faisait comme s'il envisageait de me donner un rôle. Mais je savais que c'était des conneries. Je le savais, je pouvais le voir dans ses yeux. Il utilisait son pouvoir pour avoir des rapports sexuels. » Quand il lui propose de monter dans sa chambre, elle n’ose pourtant pas dire non, par peur de représailles sur sa carrière. Mais une fois dans sa suite, il se « jette sur elle » et essaie de l'embrasser: « J'ai dû me défendre. Il est grand et gros, j'ai utilisé toute ma force pour lui résister. J'ai quitté sa chambre, j'étais dégoûtée. »

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« Je me sens responsable »

Asia Argento, la fille du réalisateur italien Dario Argento, rapporte avoir été violée à plusieurs reprises par Weinstein. La première fois, c’est en 1996. Comme pour les autres victimes, tout commence par un massage dans la suite d'un hôtel de luxe, le Cap Eden Roc à Antibes. Au New Yorker, elle raconte son impuissance au moment où il entame brutalement un cunnilingus. « Je disais non, non. C'était tordu. Un gros mec qui veut te manger. C’est un conte de fées effrayant. Si j’avais été une femme forte, j’aurais shooté dans ses couilles et je me serais enfuie. Mais je ne l’ai pas fait. Du coup, je me sens responsable. »

Photonews
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« J’étais pétrifiée »

Près de quinze ans plus tard, c'est Emma de Caunes qui croise la route du tycoon hollywoodien. Il l’invite au Ritz, à Paris, et lui promet un rôle féminin fort dans l'une de ses futures productions qui sera tournée en France. Ils montent dans sa chambre pour qu'il lui donne le scénario. Lui file dans la salle de bain pour en ressortir nu et en érection. « J’étais pétrifiée mais je ne voulais pas qu’il voie cette terreur, parce que je sentais que plus j’avais peur et plus il était excité. » La fille d'Antoine de Caunes se dirige vers la porte quand elle entend le producteur lui enjoindre: « Nous n'avons rien fait, c'est comme un film Disney. » Ce à quoi elle répond ulcérée: « J'ai toujours détesté les films Disney ».

DR
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Affaire classée sans suite

Parmi les victimes les plus récentes de Weinstein, on retiendra le mannequin italien Ambra Battilana. Elle travaille avec la femme du producteur, qui se trouve être l’une des deux créatrices de la marque Marchesa. Weinstein l’invite à passer à son bureau pour discuter de sa carrière mais, quelques heures plus tard, la jeune femme dépose plainte auprès de l'unité spéciale pour les victimes du NYPD. Une affaire qui, mystérieusement, sera classée sans suite par le procureur de Manhattan.

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