Quand les femmes deviennent des fontaines

Quand les femmes deviennent des fontaines

Éjaculation ! Qui n’associe ce mot au plaisir masculin ? Pourtant les femmes peuvent elles aussi vivre une éjaculation lors de l’orgasme et l’émission des liquides n’est pas des moindres : 150 ml pour les unes et même 300 ml pour les autres ! Ce n’est pas pour rien qu’elles sont désignées par le terme de femmes fontaines ; une désignation inventée en 1983 par la psychanalyste Frédérique Gruyer. Et ces jouisseuses fascinent au point que des manuels enseignent aux femmes et à leurs partenaires à développer ce « potentiel ». Des sites pornographiques ajoutent également la catégorie « squirting » – le terme anglais pour désigner le phénomène –, qui remporte un succès certain.

Mais que se passe-t-il pour que des femmes deviennent fontaines ? Commençons par un petit rappel. Si le phénomène est connu dès l’Antiquité, c’est le gynécologue allemand Ernst Graffenberg – l’homme qui donna la première lettre de son nom au fameux point G, – qui en 1950, relançait le débat en évoquant dans une publication le fait que certaines femmes émettent au moment de l’orgasme une « grande quantité de liquide transparent ». Son affirmation allait engendrer de longues discussions et nombreuses études pour savoir ce qui provoquait cette réaction. Aujourd’hui encore, presque 70 ans après la remarque de Graffenberg, les conclusions ne sont pas unanimes. Nombre de spécialistes avancent que l’éjaculation féminine est liée à la stimulation du Point G, cette zone particulièrement sensible située sur la face antérieure du vagin à quelques centimètres de l’entrée. Mais d’autres mettent en évidence que la stimulation du clitoris ou une pression forte sur le col de l’utérus peuvent également engendrer l’émission de liquides sous forme de jet.

Mais reste encore à connaître la nature réelle du liquides émis. Sachant qu’il sort de l’urètre, s’agit-il d’urine ? Ou d’un liquide lié à une importante lubrification du vagin due à une forte excitation ? Ou encore de sécrétions émises par les glandes de Bartholin ou les glandes de Skene ? Les études ont longtemps apporté des réponses diverses et variées jusqu’à ce qu’en 2015, des chercheurs français ne donnent une réponse satisfaisante : le liquide émis lors de l’orgasme féminin est de l’urine mais de l’urine très claire et peu chargée en acide. Pour arriver à cette conclusion publiée dans le Gynécologie Obstétrique et Fertilité (mai 2015), Samuel Salama, Florence Boitrelle, Amélie Gauquelin et Lydia Malagrida ont fait passer des tests à 7 femmes fontaines avec échographies et dosages chimiques pour découvrir que même si celles-ci urinaient avant de commencer à se masturber, leurs vessies se remplissaient rapidement pendant l’excitation et se vidaient complètement lors de l’orgasme. À noter que ces femmes ne souffraient absolument pas d’incontinence urinaire. Et comme l’ont montré leurs analyses, les liquides émis contenaient bien de l’urée, de la créatinine et de l’acide urique.

Les résultats rendent sans doute le phénomène moins sexy même si la plupart des hommes qui ont vu leurs partenaires vivre ce type d’orgasme se sont déclarés heureux et même flattés d’être à l’origine de telles jouissances. Reste aussi qu’un tel orgasme oblige souvent les partenaires à changer les draps de lit inondés !

 
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