Les femmes sensuelles de Bart Ramakers

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Les femmes y sont nues. Toujours belles, parfois dominatrices, parfois asservies, tantôt chastes, tantôt sensuelles, élégantes, modestes ou provocantes. Mais les belles égéries de Bart Ramakers sont bien plus que cela car elles racontent des histoires mythiques et intemporelles. Le photographe belge met en scène des femmes et des hommes dans un décor baroque pour nous questionner sur la vie et la mort. Ces clichés sont autant de références à des tableaux célèbres, des récits religieux, des mythes antiques ou des textes littéraires.

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Ce sont ces images que la galerie Émilie Dujat, installée pour l’occasion dans une ancienne boulangerie bruxelloise, proche de la place Flagey expose jusqu’au 10 décembre. La trentaine de clichés présente la dernière thématique du photographe belge – la quête de la beauté – mais aussi ses travaux antérieurs qu’il s’agisse de la Divine Comédie, de Strangers in the night ou d’Adamant amazones.

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Vos dernières images sont rassemblées sous la thématique « Anatomie de la beauté ». Pourquoi mettre l’accent sur la beauté alors qu’elle est présente dans vos autres travaux antérieurs ?

En ces temps troublés, je me demande ce qui peut nous sauver et je crois que la beauté comme l’amour et l’art nous dépassent et peuvent nous rassembler. Quand vous écoutez un morceau de musique, vous pouvez être exalté un instant, transcendé. C’est pour cela que j’ouvre l’exposition avec la photo de cette jeune femme qui fait du violon ; cet instrument étant celui de la mort dans les danses macabres au Moyen âge. Et si vous regardez bien l’archet, il n’a que trois cordes endommagées.

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Au-delà de leur érotisme, vos photos sont des mises en scène baroques qui questionnent l’existence.

Mes images peuvent être vues au premier degré comme simplement sensuelles. Elles ont une certaine force sexuelle mais elles ne montrent jamais la sexualité charnelle. De même la nudité est une façon d’aller à l’essentiel. Elle est un symbole de transparence. Le vêtement fait l’homme et le transforme. Mon ambition, mon intention ultime n’est pas érotique ; je cherche à exprimer par le beau ma vision du monde. Je revisite de nombreuses histoires traditionnelles pour interroger le monde et en donner ma compréhension, comme dans cette image où l’ange Gabriel vient visiter Marie pour lui annoncer qu’elle va avoir en enfant. Et comme on le voit sur la photo, c’est lui qui violente la vierge. Dans mes images, il y a des références à des passages de la Bible, des tableaux qu’il s’agisse de La leçon d’anatomie de Rembrandt, La dernière Cène de Vinci ou Pornokratès de Rops. De même de nombreux objets et personnages sont symboliques. En fait avant de commencer la séance de photos, je fais des esquisses comme pour une peinture. Ensuite nous sommes toute une équipe à faire vivre ces croquis pour qu’ils deviennent les photos que vous voyez.

Jésus est une femme dans vos images !

Oui ! La femme est une figure forte ! Toujours ! Les hommes passent tellement souvent à côté des choses essentielles de la vie.

Joëlle Smets.

L’exposition se tient jusqu’au 10 décembre. Jeudi/vendredi : de 14 à 17 heures et samedi de 14 à 18 heures. Sur rendez-vous. Adresse : chaussée d’Ixelles, 341, 1050 Ixelles ; parking Place Flagey. www.galerieemiliedujet.com