Agressée sexuellement par un dirigeant de l’industrie musicale, Lily Allen se confie
Le phénomène continue.

Les témoignages continuent d’affluer. Depuis le début du mouvement MeToo et de la dénonciation des violences faites aux femmes, les histoires d’agressions sexuelles, notamment dans le milieu artistique, se succèdent car les femmes osent désormais prendre la parole.
Le Guardian Weekend a dévoilé ce samedi une interview de la chanteuse Lily Allen qui explique pour la première fois l’agression sexuelle dont elle a été victime. Bien qu’elle désire le faire, la chanteuse ne dévoile pas le nom de son agresseur pour des raisons légales. Elle a été conseillée par l’éditeur de son livre « My thoughts exactly » qui sortira à la fin du mois.
Durant l’interview, elle raconte cet événement traumatisant. Après une soirée bien arrosée, Lily Allen aurait été ramenée par un dirigeant de l’industrie musicale dans la chambre d’hôtel de ce dernier. « Je me suis réveillée à 5 heures du matin parce que je sentais quelqu'un qui frottait son corps nu contre mon dos. J'étais nue aussi. Je pouvais sentir quelqu'un qui essayait de mettre son pénis dans mon vagin et qui me frappait les fesses comme si j'étais une strip-teaseuse », décrit-elle.
« Je me suis éloignée aussi vite que possible et j'ai sauté hors du lit, totalement aux aguets. J'ai récupéré mes affaires rapidement, et j'ai couru hors de sa chambre jusqu'à la mienne. » Depuis ce moment, la chanteuse s’en est voulu, pour plusieurs raisons : pour ne pas avoir parlé de cette histoire, pour avoir trop bu et pour avoir continué à travailler avec cet homme.
Un milieu à problèmes
Elle n’a rien voulu dire car elle avait peur d’être traitée de « femme à problème » et « d'hystérique ». « Je ne m'attendais pas à ce qu'il tire avantage de ma faiblesse. Je me suis sentie trahie, je me suis sentie honteuse, je me suis sentie en colère, je me suis sentie perdue. » Lily Allen pensait également que cela ne servirait à rien de porter plainte car même s’il avait essayé, l’homme ne l’avait pas violée. Par contre, dès son retour à Londres, elle a contacté un avocat pour témoigner et garder une trace de cet incident.
Pour elle, malgré la libération de la parole des femmes, le monde de la musique reste problématique. Elle va même jusqu’à décrire un milieu « ultra-hiérarchisé qui autorise et parfois même soutient les comportements toxiques d'hommes à l'encontre des femmes ».
Elle finit malgré tout sur une note d’encouragement : « Essayons d'enseigner à nos filles comment être plus fortes et plus résistantes, meilleures pour ne pas se sentir aussi redevables, plus insistantes sur l'importance d'être prises en considérations, plus bruyantes pour dire 'non'. »








