Kaaris et son combat contre Booba: «Je comprends que beaucoup de gens aient du mal à saisir ce qui se passe»

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« Si on parle business, se battre n’est pas la bonne façon de réagir. Mais la vie, ce n’est pas que du business », estime le rappeur Kaaris bien décidé à affronter Booba sur un ring, même s’il sait « que ça ne réglera rien ». Kaaris sort vendredi son cinquième album, « Or Noir 3 ». « Mais quand les médias comme vous viennent me voir, c’est pour parler de la bagarre, pas de mon disque », devance-t-il, conscient de voir son actualité musicale vampirisée par le clash incessant qui l’oppose à Booba et a atteint son paroxysme l’été dernier avec leur bagarre ultra-médiatisée dans l’aéroport d’Orly.

Aussi surréaliste que soit la situation, un nouvel affrontement semble devoir se profiler entre ces deux frères ennemis du rap français, pourtant condamnés chacun à 18 mois de prison avec sursis pour leur rixe, après avoir passé trois semaines en détention provisoire. Une expérience marquante pour Kaaris : « Fresnes c’est quelque chose. Deux douches par semaine, des rats… ».

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« On va bientôt signer »

Cette énième escalade dans le « rap game » en France, où heureusement on ne compte pas encore les morts contrairement aux États-Unis et dont Booba est la figure dominante depuis ses clashes précédents avec Rohff ou La Fouine, pourrait se concrétiser par un combat, organisé cette fois. En « octogone », selon les règles du MMA (arts martiaux mixtes). Ce sport étant interdit en France, Booba et Kaaris tentent de le monter à Bruxelles en avril.

« Il m’a proposé ce combat, j’ai dit oui. Il m’a envoyé un premier contrat, en sachant que je refuserais de signer parce que les termes, c’était du n’importe quoi. Il ne s’attendait pas en revanche à ce que je lui propose à mon tour un contrat. On a trouvé un promoteur. On va bientôt signer », dit Kaaris, déterminé. On sent le rappeur de 38 ans pas vraiment convaincu par cette finalité. « S’il y a un moyen de lui mettre une raclée comme il faut, après tout ce qu’il a fait, aucun souci », embraye-t-il, avant de concéder que « tout ça n’est pas logique ».

« Street credibility »

« Il dit qu’on doit se battre pour enterrer la hache de guerre. Mais ça ne s’arrêtera pas », poursuit-il en reconnaissant que Booba « a fait un coup marketing » en le défiant sur un ring. Le coup peut rapporter gros pour les deux rivaux distribués chez Universal. Des sites de paris proposent déjà de miser sur ce combat. En 2018, le youtubeur et rappeur britannique KSI avait organisé deux matches de boxe avec d’autres youtubeurs, dont l’Américain Logan Paul, qui leur ont rapporté des millions de dollars.

Kaaris assure ne pas pouvoir refuser. « Si je n’avais pas répondu à sa proposition, le lendemain certains médias auraient titré : ‘Booba défie Kaaris qui a peur et refuse de se battre’. Peut-être que je commets l’erreur de répondre, mais moi je ne me tais pas. C’est ma façon d’être. C’est une question d’honneur. »

« Il m’insulte, je réponds »

Et aussi une question de « street credibility », selon l’expression consacrée qui ramène au rap hardcore que pratique Kaaris, nourri à l’« egotrip » (vantardise) et aux punchlines, avec ses truands qui vendent de la drogue, conduisent de grosses cylindrées et consomment des femmes. « C’est juste du second degré… Mais on ne peut pas le faire comprendre à des gens qui n’en ont pas envie », dit Kaaris qui confie souvent « rigoler tout seul à (ses) punchlines, en pensant aux mecs dans la fosse, qui attendent le moment crucial pour lancer le pogo ».

Dans dix ans, le rappeur de Sevran (Seine-Saint-Denis) assure qu’il en aura fini avec cette musique, « parce que ça ne sera plus de mon âge ». En attendant, il en est encore une des figures imposantes, quitte à ce que ce ne soit pas pour les bonnes raisons. « Je comprends que beaucoup de gens aient du mal à saisir tout ce qui se passe. Pour eux, on a juste affaire à deux personnes qui s’embrouillent. Mais je le répète : il m’insulte, je réponds. » Et, de mal en pis, l’image du rap de tomber, non pas de Charybde en Scylla, mais de Kaaris en Booba…

 
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