Un clip choc dénonce l’enfermement des homosexuels en Tchétchénie

Le clip met en scène une famille française, pour sensibiliser à la cause des homosexuels en Tchétchénie.
Le clip met en scène une famille française, pour sensibiliser à la cause des homosexuels en Tchétchénie.

« Ceci est une fiction ici, mais c’est une réalité ailleurs ». C’est par ces mots que Davis Coudyser, comédien et réalisateur français, conclut le clip qu’il a diffusé sur les réseaux sociaux cette semaine. La vidéo met en scène une famille de deux enfants, en France. On entend des sirènes de police et le père demande à sa fille d’aller chercher son frère, alors qu’il se munit d’une arme. Dans les cris et les larmes, le père explique qu’il n’a pas le choix de tuer son fils. En effet, la police va arriver pour emmener le garçon dans un camp de concentration. Le jeune homosexuel prend alors l’arme et s’apprête à mettre fin à ses jours, au moment où les policiers rentrent dans l’appartement.

Les images sont choquantes, le réalisateur voulait un clip « brut et brutal, radical et intense, sans fioriture, ni effet artistique », comme il l’a confié au HuffPost. L’idée d’une vidéo choc est venue chez David Coudyser en 2017, après les premières révélations sur les camps de concentration pour les personnes LGBTQ et les déclarations du président tchétchène Ramzan Kadirov  : « Votre enfant est homo, réglez ça vous-mêmes ou l’État s’en chargera ». Mais il explique qu’à l’époque, « Les associations étaient prudentes, voire frileuses, à l’idée de communiquer sur ce sujet, faute de preuves. C’est par l’arrivée de quelques migrants, échappés des camps tchétchènes, que les premiers témoignages ont confirmé l’exactitude des faits ». C’est seulement lorsqu’une nouvelle vague de purges a été révélée début 2019 que le réalisateur a relancé son projet vidéo.

Son objectif est de diffuser le clip à large échelle afin de continuer à interpeller les gens sur la situation des membres de la communauté LGBTQ dans des pays comme la Tchétchénie. Mis en ligne le 3 août, la vidéo a déjà été partagée de nombreuses fois sur les réseaux sociaux.