Eurythenes plasticus: une nouvelle espèce aux caractéristiques inquiétantes qui doit relancer la guerre contre le plastique

D.R.
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Pour découvrir cette nouvelle espèce d’amphipode, il a fallu plonger. Et très profondément. Direction la fosse des Mariannes, connue pour être la fosse océanique la plus profonde du monde, cachée à près de 11 kilomètres de la surface. Dans ce coin reclus de l’océan Pacifique, des biologistes marins de l’université britannique de Newcastle ont identifié un crustacé pour l’heure inconnu du monde scientifique et qui présente une caractéristique très particulière. Cet amphipode est « contaminé » par du plastique, comme l’écrit WWF – qui a soutenu la recherche – dans un communiqué de presse daté de ce jeudi 5 mars.

Dans le corps de l’Eurythenes plasticus, les scientifiques ont déniché une présence troublante : du polytéréphtalate d’éthylène, plus connu sous son acronyme : PET. Soit une substance « présente dans les bouteilles d’eau et les matières textiles », commente le World Wildlife Fund. C’est entre le Japon et les Philippines que cette bestiole aquatique a été trouvée. En faisant des analyses sur sa composition, les biologistes ont donc décelé du plastique.

Une découverte similaire en 2019

Reste à savoir comment ce phénomène s’explique. Sarah Vanden Eede, chargée des océans et pêcheries pour WWF-Belgique, pose une analyse : « La nouvelle espèce Eurythenes plasticus nous montre à quel point les conséquences de notre mauvaise gestion des déchets plastiques ont un impact important ». Pour elle, cela prouve que « certaines espèces vivant dans les endroits les plus profonds et les plus reculés de la planète ont déjà ingéré du plastique avant même d’être découvertes par l’être humain ».

Si la découverte d’une nouvelle espèce relance le sujet, ce n’est pas la première fois que des scientifiques font ce genre de découverte à de telles profondeurs. En février 2019, un constat similaire avait été posé par une étude publiée pour la revue Royal Society Open Science. 90 spécimens d’amphipodes avaient été disséqués par des chercheurs en écologie marine, déjà du côté de Newcastle. Avec des résultats sans appel : 65 individus contenaient au moins une microparticule de plastique, que ça soit du nylon, du PVC, de la soie synthétique ou du polyéthylène. 100 % de ceux capturés dans la fosse Marianne étaient contaminés.

Le plastique, vraiment partout

À l’époque, Alan Jamieson avait dit qu’« une partie de lui s’attendait à trouver quelque chose, mais pas au point d’avoir 100 % des individus du lieu le plus profond du monde avant des fibres dans leurs entrailles ». Le chercheur de Newcastle avait conclu par un évident « c’est énorme ». Toujours est-il qu’ici, c’est une nouvelle espèce, jusqu’alors inconnue de l’Homme, qui a été découverte, avec déjà du plastique en elle. Preuve, s’il en fallait encore, que nos déchets plastiques font un bien long voyage. Une fois rejetés dans l’eau, les déchets plastiques se brisent en microplastiques et se propagent dans les Océans avant d’être ingérés par les animaux marins.

Nuisible, le plastique s’attaque donc aux animaux marins. Puis à l’homme, par la définition même de la chaîne alimentaire. WWF profite de cette découverte d’une nouvelle espèce pour alerter. Le Fonds mondial pour la nature milite pour « un traité juridiquement contraignant pour réduire les déchets plastiques, améliorer la gestion des déchets et mettre fin à la pollution plastique marine à l’échelle mondiale ». Pour l’heure, une pétition internationale existe et a déjà été signée par plus de 1,6 million de personnes. Et Sarah Vanden Eede de conclure : « Les plastiques sont dans l’air que nous respirons, dans l’eau que nous buvons et maintenant aussi chez les animaux qui vivent loin de la civilisation humaine ». Alors que, l’Eurythenes plasticus, lui, n’avait probablement rien demandé de tout ça.

 
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