Face au coronavirus, soutenons nos héros

Le personnel médical est mobilisé pour faire face à la pandémie : ici un transfert de patient à l’hôpital liégeois MontLégia.
Le personnel médical est mobilisé pour faire face à la pandémie : ici un transfert de patient à l’hôpital liégeois MontLégia. - PhotoNews

U ne infirmière liégeoise nous raconte, entre deux interventions : « On a besoin du soutien du public ! Cela va nous permettre de tenir durant les semaines qui viennent. » Alors que la vague de l’épidémie de coronavirus envahit le pays, que la population est confinée chez elle pour plusieurs semaines encore, un besoin de marquer sa sympathie envers le personnel soignant, qui met sa vie en danger au quotidien dans les hôpitaux, s’est fait ressentir, au travers de multiples actions. Dans les villes mais aussi les petits villages, des gens applaudissent tous les soirs à 20 heures tapantes, comme en Italie, en Espagne et en France, les pays les plus touchés par la pandémie. D’autres Belges accrochent des drapeaux blancs ou aux couleurs nationales à leurs balcons. Des banderoles décorées par des enfants apparaissent aux fenêtres, tout comme une litanie de posts sur les réseaux sociaux. Mention spéciale aux policiers de Charleroi qui se sont rassemblés devant le CHU de la ville pour un concert de sirènes !

Le personnel soignant est attentif à ces marques de soutien. Exemple avec les ambulanciers de la Croix-Rouge, qui transportent quotidiennement des dizaines de victimes de ce virus. « Je vois des gens qui lèvent le pouce quand on passe. Ça fait du bien. Merci. Vous savez, cela fait 20 ans que je fais ce métier et je n’avais jamais eu peur. Ici, j’ai peur. Le week-end passé, j’ai transporté dix ou douze personnes atteintes du Covid-19, beaucoup dans un état très grave. On doit prendre des mesures de protection inédites, comme décontaminer le véhicule à chaque voyage et s’habiller avec toute une série d’équipements de protection, comme des lunettes et des masques », nous explique un ambulancier. La Croix-Rouge est en appui des hôpitaux, avec une trentaine de centres de pré-tri, qui permettent d’orienter au mieux les malades. Là aussi, des marques de soutien arrivent vers les volontaires, comme des plats livrés gratuitement par des restaurateurs ou des fleurs.

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« Soir mag » se mobilise aussi pour montrer le soutien de ses lecteurs à toutes ces personnes mobilisées pour sauver le pays ou continuer à le faire tourner durant ces heures sombres. Il y a le personnel des hôpitaux en première ligne, évidemment, mais aussi les médecins généralistes, les pharmaciens, les infirmières à domicile, les kinés, les employés de maisons de retraite, etc. Et, hors soins de santé, que ferait-on sans nos employés des supermarchés ou de sociétés de nettoyage, éboueurs, gardiens de prison, pompiers, policiers, livreurs, facteurs, routiers ? Et on en oublie certainement beaucoup ! Eux aussi doivent sortir de chez eux, et risquer une contamination.

Comment leur adresser votre soutien ? Envoyez vos messages par mail à la rédaction du Soir mag : lecteurs@soirmag.be. Nous les publierons sur notre site internet et dans nos prochains magazines. Déjà, merci pour eux !

Renforts à l’hosto

La solidarité entre les personnes s’est largement développée. On rappelle ici l’adresse du site covid-solidarity.org, qui met en contact des personnes qui ont besoin d’aide pour être approvisionnées et d’autres qui ont du temps pour leur amener des courses.

Cette solidarité prend d’autres formes. On relèvera ici une plate-forme bruxelloise lancée par Iriscare pour constituer une réserve de professionnels des soins de santé et de personnes qui disposent d’expérience dans ce secteur pour venir en renfort dans les établissements médicaux de Bruxelles. On parle ici des étudiants en médecine, des anciens médecins ou infirmiers, des formateurs dans ces secteurs…

«Applaudissez mais restez chez vous!»

Par Sophie Lagesse

De nombreux soignants ont posté des messages et des vidéos remerciant la population de son soutien, mais insistant aussi pour qu’elle respecte les règles. Exemple avec Amélie, infirmière dans un hôpital bruxellois, qui a tenu à partager son ressenti à travers un long témoignage publié sur les réseaux sociaux. Un texte largement publié et commenté. « Ce que j’ai sur le cœur… Il y a près de quatre ans jour pour jour, à Bruxelles, nous, personnel soignant, allions prendre la relève de nos collègues avec la boule au ventre, peur d’être une cible facile des terroristes, peur de voir débarquer à nouveau des dizaines de victimes de guerre suite à ces actes lâches », écrivait-elle. « Aujourd’hui, la boule au ventre chez les soignants est de retour. Les bombes sont pourtant silencieuses. Aujourd’hui, les bombes c’est nous tous ! »

Et de continuer : « Si l’on veut stopper ces bombes, c’est à nous de jouer car les bombes, beaucoup d’entre nous les portent et ne le savent pas encore. Ce lockdown 2020 n’a pas de précédent, même pas celui de 2016. L’enjeu est différent cette fois. Cette année, les pieds de nez que vous faites en organisant des fêtes avec vos amis à la maison ou dans des endroits publics ne sont pas adressés à des terroristes. Non, cette fois, en vous ruant par centaines pour vider les magasins au même moment, en nous narguant avec vos photos et vidéos alcoolisées, avec vos slogans “Corona même pas peur”, ces pieds de nez, c’est à nous soignants sur la ligne de front que vous les faites, aux hôpitaux qui se démènent pour éviter l’asphyxie et le chaos dus à un afflux massif de malades et l’incapacité de pouvoir tous les prendre en charge, aux citoyens qui ont dû fermer les portes de leur établissement et se retrouvent au chômage économique, aux patients chroniques dans les hôpitaux qui ne peuvent avoir qu’un seul visiteur, pas un à la fois, non toujours le même visiteur durant toute la durée de leur séjour, ce sont donc des grands frères qui ne peuvent pas serrer dans leurs bras leur maman ni leur petite sœur avant leur retour de la maternité, ce sont des malades en phase terminale de cancer qui doivent faire le choix de qui de leur fils ou de leur fille viendra dorénavant leur rendre visite… Et pourtant… Aucun de ces patients ne se plaint et tous acceptent ces mesures mises en place. »

Et ensuite de préciser : « Aujourd’hui, il y a en Belgique des malades de 30-40 ans atteints du Covid-19 entre la vie et la mort, SANS antécédent aucun ! “Il n’y en a pas beaucoup”, “C’est pas de bol”, “Une histoire de destin”… S’il vous plaît, arrêtez de faire l’autruche. Durant ces quelques semaines, est-ce si difficile d’arrêter de poser des bombes en jouant à la roulette russe ? »

« On espère que cela ne s’arrêtera pas là »

En postant ce témoignage, Amélie ne s’attendait pas à avoir autant de réactions : « Beaucoup de gens m’ont écrit. Les messages que j’ai reçus sont des messages d’encouragement. Les gens soutiennent le personnel soignant. Et puis, certains amis m’ont dit qu’ils n’avaient pas réalisé à quel point le confinement était nécessaire. Que ce texte leur avait ouvert les yeux. »

En première ligne de cette lutte contre le coronavirus, Amélie est l’une des soignantes que des milliers de Belges applaudissent tous les soirs à 20 heures. « Mon frère m’avait envoyé une vidéo de ces applaudissements avant que le mouvement n’arrive en Belgique. J’avais été très émue. Quand je l’ai entendu en vrai, j’étais encore plus bouleversée. Mais pour en avoir discuté avec des collègues, nous aimons cette manifestation populaire mais il faut qu’elle soit en cohérence avec le comportement au quotidien. Si quelqu’un applaudit et que le lendemain il va au parc, ce n’est pas cohérent. S’il applaudit et que le lendemain il vide un rayon entier de pâtes, cela n’a pas de sens. » Et de spécifier : « Il y a une amie qui a vu sur Facebook des gens qui invitaient des voisins à venir applaudir avec eux sur leur balcon. Mais alors ce geste n’a plus aucun sens ! » Amélie espère aussi qu’une fois la situation réglée, la population, et le gouvernement, n’oubliera pas les efforts fournis par le personnel soignant. « Les applaudissements nous portent mais on espère que cela ne s’arrêtera pas à ça. Que nous ne devrons plus descendre dans la rue pour nous faire entendre et que nous ne soyons plus une profession mise de côté. » À méditer.

 
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