Donald Trump: à quoi ressemblera sa nouvelle vie en cas de défaite?

Donald Trump: à quoi ressemblera sa nouvelle vie en cas de défaite?

S’il évoque régulièrement sa vie d’avant la politique — «J’avais une vie si magnifique» — il est moins bavard sur ce à quoi pourrait ressembler celle d’après. A l’aune des quatre années écoulées, un seul scénario semble difficile à imaginer: le retrait discret et l’anonymat.

Un retour à la télévision ?

A l’heure de la reconversion, Donald Trump pourrait être de nouveau tenté par le petit écran.

Si son nom comme promoteur immobilier était connu dans les années 80 et 90, c’est «The Apprentice» qui lui a permis de pousser la porte de tous les foyers américains.

Co-producteur de cette émission de télé-réalité qu’il a présenté entre 2004 et 2015, il a réussi, en dépit des hauts et des bas de son empire immobilier, à projeter une image d’homme d’affaires à poigne et charismatique.

Dans une grande salle de réunion de la Trump Tower, le magnat de l’immobilier recevait les candidats et en écartait un par émission, en usant de sa phrase devenue rituelle: «You’re fired» («Vous êtes viré !»).

A plusieurs reprises depuis son arrivée à la Maison Blanche, il a déploré le positionnement de Fox News, pas assez trumpiste à son goût.

Les téléspectateurs «veulent une alternative maintenant. Et moi aussi!», tweetait-il il y a quelques mois.

2021 pourrait être l’occasion de se lancer, soit à partir d’une feuille blanche (mais l’investissement initial pourrait être prohibitif), soit à partir de chaînes existantes «amies», telles que One America News et NewsMax TV.

Les tribunaux  ?

Une fois la Maison Blanche quittée, l’horizon judiciaire de Donald Trump pourrait s’assombrir significativement.

A New York, il est visé par deux enquêtes qui pourraient chacune lui valoir des poursuites.

La première, pénale et initiée par le procureur de Manhattan, Cyrus Vance, vise de possibles faits de fraude fiscale, d’arnaque à l’assurance et manipulations comptables.

La seconde, civile, a été lancée par la procureure de l’Etat de New York Letitia James et cherche à déterminer si la Trump Organization a menti sur la taille de ses actifs pour obtenir des prêts et des avantages fiscaux.

La tentation 2024 ?

En théorie, rien n’empêcherait Donald Trump de tenter de nouveau sa chance dans quatre ans.

La constitution interdit de faire plus de deux mandats, mais en faire deux non-consécutifs est une possibilité.

Un seul homme a réussi ce pari: Grover Cleveland, à la fin du XIXe siècle.

Elu en 1884, il fut battu en 1888, puis élu de nouveau en 1892. Il est, dans les livres d’histoire, à la fois le 22e et le 24e président des Etats-Unis.

Au-delà des innombrables obstacles politiques à surmonter (le parti républicain pourrait être tenté de tourner la page du trumpisme), la question de l’âge pourrait aussi se poser.

Grover Cleveland avait 56 ans début de son deuxième mandat. Donald Trump en aurait 78.

Prendre la route ?

Sur le ton à la fois provocateur et moqueur qu’il affectionne, le 45e président de l’histoire a évoqué plusieurs «pistes» ces derniers mois.

En juin à la Maison Blanche il avait évoqué, dans les rires, la possibilité d’un road trip avec sa femme Melania Trump.

«Peut-être que j’irai à New York par la route avec la Première dame. Je pense que je vais acheter un camping-car et voyager avec la Première dame».

Dans un registre moins romantique, il s’est interrompu il y a quelques jours lors d’un meeting de campagne en Pennsylvanie pour admirer les camions garés à distance.

«Jolis camions! Vous pensez que je pourrais grimper dans l’un d’eux et filer? J’adorerais ça, juste conduire et tailler la route».

Lors d’un déplacement dans The Villages, la plus grande communauté de retraités en Floride, il avait évoqué une option plus paisible.

«Je vais déménager dans The Villages. Ce n’est pas une mauvaise idée. Elle me plaît même beaucoup!».

Reste une option plus radicale.

«Je ne vais pas me sentir très bien», déclarait-il, il y a quelques semaines évoquant l’humiliation que représenterait selon lui une défaite face à «Joe l’Endormi».

«Peut-être que je vais devoir quitter le pays».

 
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